Banques au Luxembourg – «Nous ne sommes plus du tout un paradis fiscal»

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Banques au Luxembourg«Nous ne sommes plus du tout un paradis fiscal»

LUXEMBOURG - Les actifs sous gestion gérés par les banques privées du pays continuent à augmenter, selon un bilan présenté vendredi par le Private banking group de l’ABBL.

Le Brexit est «une opportunité plus qu’un danger», selon Pierre Étienne (au centre), président du cluster.

Le Brexit est «une opportunité plus qu’un danger», selon Pierre Étienne (au centre), président du cluster.

L'essentiel

Le cluster Private Banking Group Luxembourg (PBGL) de l’ABBL (Association des banques et banquiers, Luxembourg) regroupe 57 acteurs du secteur, dont 50 banques. Les actifs sous gestion s’élèvent à 363,4 milliards d’euros, en hausse de 0,7% sur un an, selon des chiffres présentés ce vendredi matin. «Cela peut paraître a priori un peu décevant, mais c’est plutôt une phase de consolidation après une croissance très forte», indique Pierre Étienne, président du cluster. Depuis 2008 et la crise financière, le volume des actifs sous gestion a en effet augmenté de 61%.

Les revenus du secteur se sont eux élevés à 1,74 milliard en 2017, en hausse de 5,5% tandis que le nombre d’employés a baissé de 1,1%, à 6 659, sur les 26 149 salariés que compte le secteur bancaire au total. Quant à la clientèle, elle évolue un peu, mais reste essentiellement européenne. Les clients avec un patrimoine de plus de 5 millions d’euros sont plus nombreux, «très attirés par la stabilité et le cadre du pays», poursuit Pierre Étienne. «Nous n’avons plus le secret fiscal, nous avons donc dû nous réinventer et offrir des produits plus performants, pour avoir une croissance plus pérenne. Ceux qui venaient pour le secret fiscal sont en train de nous quitter».

Le Luxembourg sert d’ailleurs de plus en plus de hub pour le private banking, avec des banques suisses, chinoises… qui se sont installées pour viser tout le marché européen. Un phénomène qui pourrait s’accentuer avec le Brexit. «C’est une opportunité plus qu’un danger», pour Pierre Étienne. «Un hard Brexit serait une opportunité s’il se fait sur un rythme modéré, si ça va trop vite, ce sera difficile pour un petit pays comme le Luxembourg de l’absorber».

D’ailleurs, parmi les priorités fixées par le PBGL, qui veut continuer à «digérer» les réformes consécutives à la crise, sur la lutte contre le blanchiment ou encore la digitalisation croissante, on retrouve aussi la promotion du Luxembourg à l’international, y compris auprès des maison mères des banques. «La perception du Luxembourg est très faussée. Nous ne sommes plus du tout un paradis fiscal, la réalité est bien meilleure que la perception», souligne Pierre Étienne. «Nous devons vendre le Luxembourg à nos maisons mères, aussi bien pour le savoir-faire que pour le mode de vie. Il n’est pas facile de faire venir des gens au Luxembourg pour y travailler et y vivre, mais une fois qu’ils sont là, ils ne veulent plus partir. C’est très chouette».

(Jérôme Wiss/L'essentiel)

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