Grogne des chauffeurs – «Nous, on a juste le droit de crever dans nos bus»

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Grogne des chauffeurs«Nous, on a juste le droit de crever dans nos bus»

LUXEMBOURG - Les chauffeurs de bus des compagnies privées avouent leur détresse et déplorent leurs conditions de travail.

«Il n'y a pas de femmes de ménage pour l'entrepôt, on doit nettoyer les toilettes nous-mêmes. C'est dégueulasse».

«Il n'y a pas de femmes de ménage pour l'entrepôt, on doit nettoyer les toilettes nous-mêmes. C'est dégueulasse».

«L'autre jour, j'ai pris mon service à 4h45, j'ai terminé à 16h45. Le tout a été payé comme si j'avais travaillé huit heures». Joël (son prénom a été modifié) et ses collègues n'en peuvent plus de leurs conditions de travail.
Et de leurs salaires. Avec plusieurs années d'ancienneté au compteur, Joël émarge «à 2 650 euros par mois, on a des écarts de salaires de 800 ou 900 euros avec les chauffeurs de la ville de Luxembourg».

Qui plus est, les journées sont longues. «En moyenne, on a une amplitude de 11h30, et il faut y ajouter les trajets entre la maison et le travail. Et on ne nous paye que 40heures par semaine. Sur les transferts depuis l'aéroport, il arrive qu'on attende deux ou trois heures, si un avion a du retard. Ces heures ne sont pas payées. Bien sûr, on peut toujours laisser le bus et aller au café, mais ce n'est pas l'objectif».

Tant qu'à ne pas être payés, les chauffeurs préféreraient passer ce temps «libre» chez eux. «Et j'ai déjà enchaîné plusieurs semaines de six jours de suite, je n'ai jamais vu les jours de récupération auxquels j'ai droit. Ce n'est pas humain ce qu'on vit. Pourquoi tout le monde a le droit de travailler huit heures, et nous, on a juste le droit de crever dans nos bus».

Jérôme Wiss

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