Virus au Luxembourg – «Nous pouvons craindre davantage de cas de Covid»
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Virus au Luxembourg«Nous pouvons craindre davantage de cas de Covid»

LUXEMBOURG - Plusieurs facteurs font craindre un rebond de l’épidémie, ces prochaines semaines au Luxembourg, selon un virologue du LIH.

Claude Muller estime que plusieurs facteurs risquent de provoquer un rebond de l'épidémie en septembre.

Claude Muller estime que plusieurs facteurs risquent de provoquer un rebond de l'épidémie en septembre.

Editpress

Alors que la situation est désormais relativement stable au Luxembourg, sur le front de l’épidémie de Covid-19, des scientifiques redoutent les prochaines semaines. «Plusieurs facteurs vont dans le sens d’un risque accru, nous pouvons craindre une forte augmentation du nombre de cas», indique le professeur Claude Muller, de l’unité de recherche en virologie au Luxembourg Institute of Health (LIH).

Il cite «la fin des congés collectifs, le retour de nombreux vacanciers depuis des zones plus ou moins à risque, le retour de frontaliers au Luxembourg, après une période de télétravail, la rentrée scolaire mi-septembre, puis la baisse des températures d’ici un mois, qui incitera les gens à vivre à l’intérieur, fenêtres fermées». Claude Muller évoque également l’arrivée de la grippe saisonnière, comme tous les ans, alors que «nous ne savons pas grand-chose de la combinaison des deux virus». Il se montre pessimiste sur le fait que le Covid-19 finisse par disparaître de lui-même, comme certains l’envisageaient au début de la pandémie.

Les jeunes, «premières victimes»

Le virologue préconise «de prendre des mesures maintenant, quitte à les relâcher ensuite si la situation n’est pas inquiétante». Pour éviter de pénaliser de nouveau l’économie, il prône ce qu’il appelle «un confinement light», qui toucherait davantage la sphère privée. Il serait constitué de télétravail, de port du masque systématique, même au travail, et de respect impératif des distances, quitte à utiliser des outils bluetooth pour la mesurer en permanence. À l’école, il faudrait «bien séparer les classes», pour limiter les risques de contagion et éventuellement «vérifier la température des élèves». Claude Muller lance aussi l’idée de mettre des locaux à disposition pour les personnes saines, éventuellement à risque, «qui ne peuvent pas facilement s’isoler des personnes infectées de leur foyer».

Le professeur insiste sur l’importance de la politique de tests, mais aussi sur les nouvelles habitudes à adopter au quotidien. «Les jeunes ne se sentent pas toujours concernés par la maladie. Mais ils peuvent la transmettre, et ils doivent se rendre compte qu’ils sont les premières victimes de l’impact économique de la crise».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

2e, 3e vague?

L’épidémie a connu un pic fin mars, avant que le nombre de cas diminue peu à peu pendant le confinement. L’épidémie semblait s’éteindre, avant un rebond fin juin. Mais Claude Muller refuse de rentrer dans le débat sur la présence ou non d’une deuxième vague. «Nous ne pourrons l’établir qu’avec une analyse a posteriori, avec du recul. Finalement peu importe, c’est de la sémantique, ce n’est pas un débat très scientifique».

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