Noyade: Syprolux réfute la thèse de la négligence

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Noyade: Syprolux réfute la thèse de la négligence

LUXEMBOURG – Le petit David de Sanem, 9 ans, ne savait pas nager. Durant les quinze jours de colonie, il n’avait d’ailleurs mis un pied dans l’eau. Pour les organisateurs, c’est la consternation et l’incompréhension.

C’est un Robert Weber manifestement ému qui s’est présenté mardi devant les journalistes pour évoquer le terrible drame qui s’est joué dimanche après-midi en Belgique entre Blankenberge et Zeebrugge.

Le président du LCGB a commencé par présenter ses condoléances à la famille tout en insistant sur le fait que le LCGB comme le Syprolux (organisateur de la colonie de vacances) ne se soustrairait pas à leurs responsabilités.

Il a toutefois ajouté que «les organisateurs n’ont pas de reproches à se faire. Il n’y avait pas de panneaux d’interdiction de baignade sur la plage». «Nous voulons éviter une chasse à l’homme qui serait peut-être injustifiée», a-t-il expliqué.

Le dossier transmis
au Luxembourg ?

Dans l’après-midi de mardi, le procureur du Roi de Bruges, Jean-Marie Berkvens, en charge de l’enquête a par ailleurs fait savoir que toutes les personnes concernées par cette tragédie avaient été interrogées.

Il n’a pas exclu que le dossier soit transféré au Grand-Duché dès la rentrée judiciaire. «S’il devait y avoir des poursuites, et j’insiste sur le conditionnel, il vaudrait mieux qu’elles soient engagées dans le pays de résidence des personnes inculpées», s’est-il justifié.

Quant aux circonstances dans lesquelles le drame s’est produit, les organisateurs affirment que les moniteurs encadrant la colonie savaient pertinemment que le petit David ne savait pas nager.

Alertés par l’hélicoptère des secours

Alors que pendant quinze jours, le garçonnet ne s’était pas approché de l’eau, pour le dernier jour il avait osé se mouiller les pieds mais était aussitôt retourner sur la plage faire des pâtées de sable.

C’est là qu’il a été perdu de vue. Ce n’est qu’une fois tout le monde sorti de l’eau que les moniteurs se sont aperçus de la disparition de David.

Les moniteurs l’ont cherché jusqu’à ce qu’ils entendent l’hélicoptère des secours se poser sur la plage. À ce moment, personne ne savait encore que David venait de se noyer.

Aujourd’hui, le mystère demeure. Personne ne s’explique comment le garçonnet a pu disparaître et se noyer alors qu’il avait peur de l’eau.

Patrick Théry / lessentiel.lu

La compassion de la ministre

La ministre de la Famille, Marie-Josée Jacobs, se rendait mardi dans deux camps de vacances organisés au Luxembourg dans de drôles circonstances.

La date avait été convenue de longue date, mais chacun n'avait que la noyade de David en tête. «Je souhaite d'abord faire part de mes condoléances et de mon soutien à la famille du petit David et aux collaborateurs de Syprolux», a-t-elle commencé.

Marie-Josée Jacobs a fait savoir qu'elle avait mis le groupe permanent d'encadrement psychotraumatologique de son ministère à disposition des organisateurs et des familles des enfants.

Quant à prendre de nouvelles mesures de sécurité, elle a simplement laissé entendre qu'un bilan des activités de vacances serait tiré dès la rentrée, «comme chaque année».

La mort tragique du jeune David a cependant d'ores et déjà pris une tournure politique puisque deux députés de l'opposition, Alexandre Krieps (DP) et Claude Adam (Déi Gréng), s'interrogent chacun sur les qualifications requises pour prétendre à un poste d'encadrement sur une colonie de vacances et sur l'apprentissage de la natation à l'école.

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