SFR racheté par Altice – Numericable et Bouygues fâchés sur le Luxembourg
Publié

SFR racheté par AlticeNumericable et Bouygues fâchés sur le Luxembourg

Alors que Vivendi a décidé d'attribuer SFR à Numericable, une partie de poker menteur s'était engagée entre les deux acquéreurs. C'est à celui qui aurait le moins de liens avec le Grand-Duché.

Pour Bouygues Télécom, en difficulté, racheter SFR fait figure d'opération de la dernière chance.

Pour Bouygues Télécom, en difficulté, racheter SFR fait figure d'opération de la dernière chance.

AFP

Bouygues avait tiré le premier, soutenu par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Numericable serait luxembourgeois via sa filiale Altice, un holding effectivement basé au 3, boulevard Royal, à Luxembourg-Ville. C’est oublier que si Altice est cotée à la Bourse d’Amsterdam, Numericable est à celle de Paris. Par ailleurs, Altice est aussi active dans d'autres pays européens, comme la Belgique, le Luxembourg, le Portugal et la Suisse, ainsi qu'en Israël et dans les Dom-Tom. La France représente donc le marché de poids dans cette structure, avec des actionnaires français bien connus de la Place comme BNP Paribas et Pechel industries, une société de capital investissement français.

Le milliardaire Patrick Drahi, propriétaire d’Altice, est également dans le viseur. Bien que français, il est résident suisse et aurait des comptes dans les paradis fiscaux anglo-normands. Arnaud de Montebourg lui demande d’ailleurs instamment de revenir en France. Dans le quotidien français économique Les Échos, Xavier Niel, président de Free et allié de Bouygues en rajoute une louche: «Je crois plutôt que Numericable-SFR sera contrôlé au Luxembourg».

La réplique de Numericable?

Ce vendredi matin, Bouygues a été victime du retour de flamme. Le magazine Challenges, dont Xavier Niel, est actionnaire – dévoile les optimisations fiscales au Luxembourg de Bouygues. Certes, tout est légal, mais pour Martin Bouygues, devenu le chantre de la domiciliation fiscale en France, l’annonce fait un peu désordre.

Dans le même temps, Numericable pointe les inévitables doublons sur l’emploi que conduirait une fusion entre Bouygues télécoms et SFR, deux société identiques, avec comme lourd sous-entendu que son offre est bien meilleure pour l’emploi.

Entre interventions gouvernementales et choix économiques, Vivendi s'est finalement décidé pour Numericable. Une preuve supplémentaire que son président, Vincent Bolloré, surnommé «le grand saigneur» n'a pas été très sensible aux états d’âme nationaux français.

(fru/L'essentiel)

Ton opinion