En Inde – Obligé à s’entraîner au tir en appartement

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En IndeObligé à s’entraîner au tir en appartement

Dans l’impossibilité de se rendre au stand, un jeune sportif de 17 ans se prépare au Jeux olympiques de Tokyo dans le logement de son entraîneur.

Pour Divyansh Singh Panwar, le rêve olympique passe par l'appartement de son entraîneur. Confinement oblige, c'est dans une installation de fortune, à travers chambres et couloir, que le tireur cible les Jeux de Tokyo reportés à l'été 2021. «Je n'ai pas laissé la déception m'envahir lorsque cette pandémie a éclaté. Je suis resté positif en pensant que les Jeux auront lieu à une date ultérieure et que j'irai pour viser l'or», explique l'Indien, numéro un mondial de la carabine 10 mètres.

Au début du confinement, l'adolescent de 17 ans a essayé le yoga et les séries dans les escaliers pour rester en forme. Mais le champ de tir restant inaccessible depuis fin mars, l'envie de presser la gâchette se faisait de plus en plus pressante. La solution a été trouvée par son entraîneur Deepak Kumar Dubey: transformer son appartement à Faridabad, dans la banlieue de New Delhi, en un champ de tir de fortune.

Avec l’autorisation des voisins

L'appartement de trois chambres de Panwar ne convenait pas. Tandis que chez son coach, dont la famille était confinée ailleurs dans le pays, il suffisait de quelques aménagements. «J'ai réalisé que nous pourrions obtenir une distance de 10 mètres si je vidais des choses dans deux pièces et le couloir les reliant», a raconté Dubey. «J'ai collé les cibles, l'éclairage était bon, j'ai vérifié au luxmètre. Donc aucun problème pour s'entraîner.» Encore fallait-il rassurer le voisinage. «Nous avons obtenu la permission de l'association des résidents locaux en expliquant que nous étions membres de l'équipe de tir indienne, et ils ont été très coopératifs.»

L'installation a toutefois été un défi pour le duo avec la fermeture des magasins non indispensables. «Il était impossible de mettre la main sur une perceuse et un marteau pendant le confinement», se souvient Dubey. «J'ai utilisé une meule pour planter les clous et déplacé certaines lampes pour éclairer la zone de tir.» Il leur a aussi fallu l'aide des officiels de tir pour obtenir des munitions malgré les règles strictes de confinement.

Compétitions en ligne

Depuis, Panwar a participé à trois compétitions en ligne impliquant des tireurs internationaux comme l'Autrichien Martin Strempfl et le Français Etienne Germond. Les tireurs se connectent à l'application Zoom depuis leur emplacement avec une caméra dans le dos et tirent sur leurs cibles de tir électroniques (EST), reliées à un ordinateur. «Nous avons terminé quatrièmes du premier tournoi en ligne. Cela prouve que personne ne se serait approché (du score de Divyansh) si nous nous étions entraînés à une bonne distance», assure l'entraîneur.

«C'est une période difficile, mais cela m'a préparer à faire face à toute situation à l'avenir», relève Panwar qui a désormais «hâte de revenir sur le terrain et remettre nos préparatifs olympiques sur la bonne voie».

(L'essentiel/AFP)

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