Naturalisation en France – «On ne devient pas Français avec un QCM!»
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Naturalisation en France«On ne devient pas Français avec un QCM!»

Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a dit jeudi à Toulouse sa volonté de relancer les naturalisations d'étrangers en revenant sur les critères d'accession à la citoyenneté française.

En 2010, environ 120 000 personnes ont acquis la nationalité française, mais une partie de manière automatique à l'âge de 18 ans. (AFP)

En 2010, environ 120 000 personnes ont acquis la nationalité française, mais une partie de manière automatique à l'âge de 18 ans. (AFP)

M. Valls, qui fut lui-même naturalisé français à 20 ans juste après l'élection de François Mitterrand, a confirmé la suppression des questionnaires à choix multiples sur l'histoire ou la culture française, ainsi que la levée de l'obligation de détenir un contrat à durée indéterminée pour devenir français. «On ne devient pas Français en répondant à un QCM!», a lancé M. Valls, lors d'une cérémonie de naturalisation à la préfecture de la Haute-Garonne. «Je refuse l'idée que seuls les détenteurs d'un CDI puissent devenir français», a-t-il dit aussi.

M. Valls vient d'adresser à tous les préfets de France une circulaire revenant sur les critères «les plus discriminants qui sont à l'origine de près de 70% des refus». Ainsi, les motifs touchant au travail représentent environ 40% des raisons de rejet de demande, selon le ministère. Les QCM décidés par le précédent gouvernement devaient quant à eux entrer en vigueur au 1er juillet 2012, mais n'ont pas été appliqués avec l'avènement d'une nouvelle majorité.

«La France est une terre d'accueil»

Dans un second temps, début 2013, une circulaire-cadre «remettra à plat tous les critères et leur condition d'appréciation», a dit M. Valls. En revanche, une maîtrise de la langue française correspondant à un niveau de troisième reste exigé. M. Valls a aussi insisté sur la nécessaire adhésion aux valeurs de la République qu'il a exaltées: liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité et solidarité. La naturalisation «doit demeurer la conclusion logique d'un parcours d'intégration réussi», a-t-il souligné. Il s'agit pour le ministre de «redresser la courbe du nombre de naturalisations».

«La France est une terre d'accueil. J'aime ce pays qui, un jour, a fait de moi l'un des siens», a-t-il dit. «Évidemment, il faut maîtriser l'immigration, on ne peut pas accueillir tout le monde», a-t-il noté. Mais il s'en est vivement pris à la politique du précédent gouvernement qui s'est traduite selon lui par une baisse de 30% du nombre de naturalisations entre 2010 et 2011 et de 45% entre 2011 et 2012.

120 000 personnes

«L'accès à la nationalité française a été entravé, empêché», au détriment en particulier d'étrangers «parfaitement insérés dans la société française, qui ont fait le choix de devenir français», a-t-il affirmé. Cette politique était le reflet d'une «France qui doute, qui regarde le monde avec méfiance et cède, alors, à la tentation du repli», a-t-il déclaré, en fustigeant au passage le débat sur l'identité nationale qu'il refuse de rouvrir.

Le président François Hollande «veut sortir (...) de cette défiance. Une défiance qui, dans les paroles et parfois dans les actes, a pu prendre les traits d'une hostilité. Nous devons retrouver l'apaisement (...) Ma mission est claire: refaire de l'accès à la nationalité un véritable moteur du sentiment d'appartenance à notre Nation», a dit M. Valls.

En 2010, environ 120 000 personnes ont acquis la nationalité française, mais une partie de manière automatique à l'âge de 18 ans. Sous l'impulsion du prédécesseur de M. Valls, la France avait durci les conditions d'acquisition de sa nationalité en 2011.

(L'essentiel Online/AFP)

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