«On ne m'a jamais pris pour le Cubain type»
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«On ne m'a jamais pris pour le Cubain type»

MONDORF-LES-BAINS Autre invité du
festival Saveurs culturelles du monde, Raul Paz se livre.

L'essentiel: En quoi votre album «En Casa» diffère-t-il de tous vos autres enregistrements?

Raul Paz: Cet album est marqué par le choc, le retour aux sources. Je l'ai enregistré avec des jeunes musiciens dont la passion a déteint sur moi.

Diriez-vous que cet album vous montre sous un angle plus mélancolique?

Oui, bien sûr. C'est lié à la nostalgie. Il y a beaucoup d’influences de mélodies que j'entendais, quand j'étais enfant, à la campagne. Cet album m'a rappelé des endroits, des visages, des parfums.

Quand on pense «musique cubaine» on pense à un certain folkore. Vous sentez-vous à l'aise quand on qualifie ainsi votre musique?

En fait, on ne m'a jamais pris pour le Cubain type. Je n'ai jamais été cantonné à un style de musique, parce que très tôt, j'ai été amené à voyager. Je ne colle pas à l'image «carte postale» et romantique que l'Occident a de Cuba. Tant mieux.

Raul Paz, le porte-parole de la diversité, donc?

Du métissage, oui. Je dis toujours: «Qu'est-ce qu'un Cubain?». «Cubain» c'est être libre, libre de choisir sa culture.

Votre carrière aux États-Unis marchait bien, pourtant, vous vous êtes tourné vers l'Europe. Avez-vous des regrets?

Non, vous savez, c'est normal pour un artiste cubain de s'essayer aux États-Unis. Mais, finalement, c'est en France où je me suis senti le plus libre, artistiquement. Les Américains aiment la musique tant qu'elle reste politiquement correcte (NDLR: Son premier album, «Cuba libre» est sorti aux États-Unis sous le titre, «Imaginate»). En France, j'ai vraiment trouvé ma voie.

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