Succès de courte durée – On se lasse trop vite des objets connectés

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Succès de courte duréeOn se lasse trop vite des objets connectés

Montres intelligentes, compteurs de pas, lunettes de réalité virtuelle: les consommateurs s'arrachent ces gadgets, qui finissent pourtant très rapidement dans un tiroir.

Les constructeurs tentent d'autonomiser leurs objets, à l'image de la nouvelle montre de Huawei, disposant de sa propre connexion cellulaire.

Les constructeurs tentent d'autonomiser leurs objets, à l'image de la nouvelle montre de Huawei, disposant de sa propre connexion cellulaire.

AFP

«Cet abandon rapide est l'un des problèmes majeurs pour les objets connectés portables», confirme Mike Pedler, chef de l'innovation et du développement des usages chez PwC, «c'est quelque chose contre lequel les fabricants tentent de lutter». Alors que les ventes de smartphones au niveau mondial ne progressent plus énormément, beaucoup d'entreprises du secteur qui participent au Congrès mondial des télécoms (MWC) de Barcelone se concentrent désormais sur ce créneau, espérant un vrai relais de croissance.

C'est le cas de Huawei, le numéro trois mondial du marché du smartphone, qui a présenté avant le MWC une nouvelle montre connectée au design plus sportif que la première, lancée il y a deux ans. Des dizaines d'autres objets, du bracelet donnant le rythme cardiaque aux chaussures équipées d'un GPS, sont présentés dans les allées de la grand-messe des télécoms qui fermera ses portes jeudi.

Trop complexes à utiliser

Le marché progresse: 441 millions d'objets connectés portables devraient être vendus dans le monde cette année, selon le cabinet CSS Insight, en hausse de 123 millions d'unités par rapport à 2016. Mais près du tiers de ces objets ne sont plus utilisés par leur propriétaire au bout de six mois, regrette le cabinet de conseil Endeavour Partners.

«Pour l'heure, la majorité des produits ne réussissent pas à passer le "test du demi-tour", ils ne font pas partie de ces objets pour lesquels vous reviendriez sur vos pas si vous les aviez oubliés en allant au travail, tels qu'un portefeuille, des clés ou un smartphone», expliquait PwC dans une étude publiée en 2016 sur le sujet.

Une partie du problème réside dans le fait que les smartphones peuvent déjà réaliser la plupart des prestations de ces objets connectés: servir de podomètre, calculer les calories dépensées ou mesurer votre rythme cardiaque. «Ces objets ne possèdent pas d'élément différenciant», ajoute M. Pedler. Bien souvent, ils doivent également être connectés à un smartphone, renforçant le sentiment, chez le consommateur, qu'ils sont complexes à utiliser.

(L'essentiel/AFP)

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