Energies au Luxembourg: «On travaille tous pour l'objectif zéro émission en 2050»
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Énergies au Luxembourg«On travaille tous pour l'objectif zéro émission en 2050»

LUXEMBOURG – L'Institut luxembourgeois de régulation surveille les marchés du gaz et de l'électricité. Avec toujours l'intérêt final du consommateur en tête.

par
Jérôme Wiss
Toits d'entreprises, de fermes, immeubles particuliers… Les panneaux solaires sont de plus en plus nombreux.

Toits d'entreprises, de fermes, immeubles particuliers… Les panneaux solaires sont de plus en plus nombreux.

Editpress

«Garantir la sécurité de l'approvisionnement, avec le moins possible d'interruptions du courant, au meilleur coût pour le consommateur qui paye la facture», explique Claude Hornick, chef du service Énergie de l'ILR. C'est le travail d'équilibriste de l'Institut luxembourgeois de la régulation (ILR), qui surveille le marché des énergies, électricité et gaz et vérifie qu'ils respectent les règles de la concurrence. Cette sécurité passe notamment par une diversification des sources d'énergie.

«Jusqu'à il y a quelques années, on avait une production centralisée à un endroit et le gestionnaire du réseau avait le contrôle là-dessus. Aujourd'hui, de plus en plus, on va aller vers une production décentralisée, avec les éoliennes, les panneaux solaires et autres productions qui dépendent d'éléments qu'on contrôle moins. C'est un challenge additionnel pour celui qui gère les réseaux», pointe Luc Tapella, directeur de l'ILR.

L'ILR, premier point de contact pour le consommateur

L'approvisionnement va donc devenir plus compliqué à gérer, même si l'électricité luxembourgeoise est importée à 80% d'Allemagne. Le gaz, quant à lui, vient plutôt du marché belge. Outre ces missions de régulateur, l'ILR est «le premier point de contact pour les consommateurs quand ils ont des questions sur le marché de l'électricité ou du gaz» avec un guichet en ligne. «Nous avons cinq à dix demandes diverses par semaine, auxquelles nous essayons de répondre de manière informelle et rapide. Nous sommes également autorité de médiation» entre le client et le fournisseur d'énergies.

Le secteur de l'énergie joue aussi un rôle environnemental crucial. «Tout le monde doit travailler pour tendre vers le zéro émission», affirme Claude Hornick. «Le régulateur doit prendre en compte l'efficience énergétique, le développement vers le renouvelable. Nous considérons ces aspects dans toutes nos décisions. Le développement vers plus de renouvelable, décentralisé, nécessite des investissements dans les réseaux qui n'iront pas sans coûts additionnels pour le consommateur. L'ILR est disposé à accompagner ce développement en approuvant ces coûts». Sans pour autant donner carte blanche au gestionnaire de réseaux, qui devront utiliser au mieux leurs réseaux.

Prix dynamiques

Cela passe notamment par les réseaux intelligents, y compris les compteurs intelligents, qui contribuent à mieux connaitre les flux et à investir là où se trouvent vraiment les besoins. La notion de client actif, qui produit lui-même son électricité, par exemple par des panneaux solaires, doit ainsi se développer. «Ils peuvent maintenant, avant d'injecter l'électricité dans le réseau, la partager entre les appartements, en connaissant les flux électriques par quarts d'heure grâce aux compteurs intelligents.

Autre thème appelé à se développer: les contrats à prix dynamiques. «On est habitués à un prix du KWH fixe, mais les compteurs permettent de proposer des contrats où on répercute les prix du marché de gros vers les consommateurs. La volatilité est très élevée. Les prix peuvent être à 0, voire négatifs à plein d'heures quand il y a beaucoup de vent ou de soleil, alors qu'à d'autres heures le prix est élevé», explique le régulateur. Le client pourra piloter les appareils à distance par l'informatique et économiser sur sa facture électrique. Et en plus, quand les prix sont très faibles, c'est que de l'électricité renouvelable, donc propre, est injectée dans le réseau.

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