Côte d'Ivoire – «On viendra chercher Gbagbo là où il est»

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Côte d'Ivoire«On viendra chercher Gbagbo là où il est»

Alors que des soldats français se sont déployés à Abidjan, les forces pro-Ouattara «encerclent» la ville. Laurent Gbagbo a reçu un ultimatum pour se rendre.

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a «jusqu'à 19h00 (21h00 au Luxembourg) pour démissionner», a indiqué Guillaume Soro, Premier ministre du président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara. «Il faut que Laurent Gbagbo se rende pour éviter un bain de sang. On espère qu'il le fera, sinon on viendra le chercher là où il est». Selon son entourage, M. Soro se trouvait dans la capitale politique Yamoussoukro (centre). «L'ultimatum, c'est d'ici 19H00. On donne jusqu'à 19H00 à Laurent Gbagbo pour démissionner. S'il démissionne, c'est bien, sinon il sera traduit devant la justice internationale», a-t-il ajouté.

En début d'après-midi jeudi, le Premier ministre d'Alassane Ouattara avait affirmé que les forces du président ivoirien reconnu internationalement «encerclent» Abidjan et appelé Laurent Gbagbo à «partir maintenant», assurant que plusieurs de ses généraux avaient fait défection. «Je confirme qu'actuellement nos troupes ont encerclé la ville d'Abidjan. Nous tiendrons cette position jusqu'à ce que les ralliements se fassent et que la transmission du pouvoir soit effective au président Alassane Dramane Ouattara, démocratiquement élu», a déclaré Guillaume Soro sur la chaîne de télévision France 24.

«Il y a déjà plusieurs généraux qui ont rallié. J'ai échangé avec plusieurs généraux qui sont d'accord. Et dans les heures, les minutes qui suivent ils feront des déclarations publiques», a-t-il poursuivi. «Il faut que Gbagbo se rende maintenant», a-t-il dit, avant d'ajouter: «Nous l'avons repéré et nous le suivons de minute en minute». «Nous considérons qu'il faut éviter le bain de sang à Abidjan donc nous donnons la possibilité aux uns et aux autres qui veulent se rallier de le faire pacifiquement. (...) Nous leur donnons quelques heures», a-t-il ajouté.

Le régime de Laurent Gbagbo n'avait jeudi jamais été aussi menacé, après l'avancée des forces pro-Ouattara vers Abidjan, qui ont fait tomber sans combattre la capitale politique Yamoussoukro et le port stratégique de San Pedro, et la fuite du chef d'état-major de l'armée fidèle à Laurent Gbagbo chez l'ambassadeur sud-africain à Abidjan.

(L'essentiel Online/AFP)

Au fil des jours, les principales villes du pays sont tombées aux mains des combattants pro-Ouattara, souvent à bord de pick-ups surmontés de mitrailleuses: la capitale politique Yamoussoukro (centre) mercredi, et jeudi le premier port d'exportation de cacao au monde, San Pedro (sud-ouest). Des tirs à l'arme lourde ont été entendus à la mi-journée près d'un important camp de la gendarmerie fidèle au président sortant. Et des rafales d'arme automatique étaient signalées par intermittences, notamment dans le quartier du Plateau, qui abrite le palais présidentiel.

Malgré la vacillement rapide de son régime, le président sortant entretenait le mystère sur ses intentions, livrer bataille ou se retirer. A la mi-journée, la télévision d'Etat RTI, pilier de son pouvoir, avait assuré qu'il était "dans sa résidence" d'un quartier chic d'Abidjan et non pas "réfugié dans une ambassade" comme l'affirme la "rumeur".

Jeudi soir, le gouvernement ivoirien de Ouattara a imposé un couvre-feu à Abidjan, de jeudi soir à dimanche matin et de 21h à 6h du matin. Toutes les frontières du pays sont fermées jusqu'à nouvel ordre.

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