Urgences de Strasbourg: «On vient avec une boule au ventre au travail»

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Urgences de Strasbourg«On vient avec une boule au ventre au travail»

STRASBOURG – Aux urgences de Strasbourg, des soignants et des syndicats dénoncent le manque de moyens chronique et le «harcèlement» d'une «minorité» de cadres.

AFP/Illustration

«On vient avec une boule au ventre au travail»: aux urgences de Strasbourg, des soignants et des syndicats dénoncent le manque de moyens chronique et le «harcèlement» d'une «minorité» de cadres, alors qu'une enquête sur les risques psychosociaux va être diligentée dans le service.

«Il faut qu'on gère le flux de patients qui est en ce moment vraiment en excédent, on n'arrive pas à suivre», témoigne auprès de l'AFP Nathalie*, soignante expérimentée. Les urgences de Strasbourg, comme ailleurs en France, sont sous pression, confrontées depuis des années au manque de lits et de personnels. Une situation de «stress quotidien» aggravée par «les brimades» infligées selon elle par certains «encadrants». Elle évoque des «insultes» proférées par une cadre à l'encontre d'une soignante: «mal coiffée», «habillée comme un sac», «pouilleuse».

«Ma vie aujourd'hui, c'est compliqué»

«Des petites choses négatives au quotidien» qui, à force, «s'immiscent en nous», poursuit Véronique*, autre urgentiste. À terme, cela produit «un effet très négatif, voire pervers», développe la jeune femme. Un management «délétère pour le service et qui ne nous permet pas de travailler dans de bonnes conditions», se lamente Nathalie. «Ma vie aujourd'hui, c'est compliqué. Tout le monde vient avec une boule au ventre au travail».

Des «problèmes managériaux» pointés mercredi par l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-SUD des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) lors d'une conférence de presse: «On a plein de témoignages d'agents (des urgences) harcelés par leur encadrement et leurs cadres +sup+», a déploré Sandrine Cnockaert (SUD). Jean-Claude Matry (CFTC) a évoqué lui «un harcèlement acharné, involontaire peut-être pour certains, mais volontaire pour d'autres» tandis que Pierre Wach (CGT), a dénoncé «l'emprise psychologique» exercée par «certains cadres, qui sont une infime minorité» au sein de l'établissement.

Ils s'exprimaient après la tenue d'un Comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire au cours duquel une enquête sur les risques psychosociaux au sein des urgences a été décidée. Ce CHSCT avait été convoqué après un droit d'alerte déposé la veille par l'intersyndicale pour "mise en danger des soignants et des patients par défauts de moyens", alors que les urgences strasbourgeoises étaient "à 147%" de leurs capacités, selon les syndicats.

*: les prénoms ont été modifiés

(AFP)

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