Ecole au Luxembourg – «On voulait une école centrée sur l'enfant»

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École au Luxembourg«On voulait une école centrée sur l'enfant»

HOBSCHEID – Une nouvelle école privée, fonctionnant selon les principes Montessori, va ouvrir à la rentrée. Elle est née grâce à la volonté de quelques mamans.

Véronique, Sylvie et Élise ont porté ce projet à bout de bras «pour leurs enfants».

Véronique, Sylvie et Élise ont porté ce projet à bout de bras «pour leurs enfants».

L'essentiel

Construire une école, «un rêve fou» pour ces quelques mamans installées au Luxembourg. Mais un rêve qui va devenir réalité à la rentrée prochaine, sur le site de la ferme pédagogique d’Hobscheid, grâce à la volonté de Véronique et Sylvie, présidente et vice-présidente de l’ASBL International Montessori School qui a mené le projet avec des mamans considérant que le système scolaire classique ne répond pas à leurs attentes. «Dans les écoles, les adultes décident pour les enfants quand ils doivent apprendre, et ce qu’ils doivent apprendre. Mais un enfant a besoin de bouger, a des périodes sensibles pour l’apprentissage», martèle Véronique.

Elles ont donc décidé de retrousser leurs manches et de créer une école privée, fonctionnant selon le concept Montessori. «On voulait un système éducatif centré sur les enfants, qui développe leurs talents, leur autonomie et leur esprit critique, et maintient leur plaisir d’apprendre», poursuit Véronique. Pour Élise, qui participe aussi au projet, cela permet de «développer autre chose que des petits soldats». Créé par une pédagogue italienne au début du siècle dernier, le concept Montessori laisse les enfants apprendre à leur rythme, en s’entraidant les uns les autres, avec un adulte qui est simplement là pour les guider.

«Ce n’est pas l’enfant fait ce qu’il veut», nuance Véronique. «Il évolue à l’intérieur d’un cadre. L’école suivra le programme luxembourgeois mais au sein de ce cadre, l'enfant apprend à son rythme, avec les cinq sens». Pour l’écriture, par exemple, l’enfant commencera par toucher des lettres faites d’une matière rugueuse avant de la recréer dans du sable. Tout l’apprentissage passe par une expérience sensorielle.

Et après, un lycée?

Une fois le concept établi, restait à l’équipe de mamans bénévoles à trouver un site pour implanter leur école. Ce qui n’a pas été chose facile, mais qui a fini par se faire, au sein de la ferme pédagogique an Hecken, à Hobscheid. Les enfants pourront d’ailleurs passer des salles de classes aux animaux et au potager de la ferme, pour un retour à la nature. La dernière ligne droite avant l’ouverture à la rentrée n’est toutefois pas dénuée de stress pour les mamans, qui organisent les travaux de mises aux normes de l’école pour que tout soit prêt à temps.

Pour le reste, l’équipe est prête. «Nous allons employer douze personnes, dont dix pédagogues», précise Sylvie, la vice-présidente de l’ASBL. «La langue fonctionnera avec les trois langues du pays, et sera ancrée dans la culture luxembourgeoise, c’était important pour nous». L'établissement propose dans un premier temps une cinquantaine de places. Les enfants apprendront en deux groupes, les 3-6 ans et les 6-12 ans.

Quant au budget pour les travaux et le fonctionnement, il s'est bouclé progressivement. «Ce n’est pas un business, pour nous. Il n’est pas question de faire de l’argent sur l’éducation de nos enfants», lance Véronique. «Mais nous demandons aux parents de payer rapidement le minerval (NDLR: 3 600 euros pour les 3-6 ans et 4 500 euros pour les plus âgés), lançons une campagne pour emprunter de l’argent auprès des gens qui veulent bien nous aider, ou auprès d’entreprises…». Quoi qu’il en soit, le projet est cadré: le business plan a été validé par une fiduciaire, deux auditeurs et le ministère, qui a accordé son agrément à l'établissement. Suffisant, déjà, pour envisager de faire passer la capacité de l’école à 70 élèves dans 5 à 8 ans et de réfléchir à la création d’un lycée fonctionnant selon les mêmes principes pour le futur.


(JW/L'essentiel)

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