Covid au Luxembourg - Origines, revenus: pas tous égaux devant le Covid
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Covid au LuxembourgOrigines, revenus: pas tous égaux devant le Covid

LUXEMBOURG – Une étude a révélé des écarts en terme d'infections, d'hospitalisations de décès liés au Covid selon les groupes socioéconomiques au Luxembourg.

par
Nicolas Martin
Euro money, coins and models of covid-19 virus on blue background Contaminated infected cash money. Economy crisis

Les ménages au niveau de vie inférieur à 25 000 euros par an ont eu plus de risques d'être infectés.

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Pas tous égaux face au Covid. Une étude menée par des chercheurs du Statec et du Liser (Luxembourg Institute of Socio-economic research), présentée ce mardi, est venue confirmer les premières hypothèses: les personnes les plus vulnérables socioéconomiquement avant la crise ont été les plus infectées par la pandémie.

Basé sur des données recueillies entre le 1er mars 2020 et le 27 octobre 2021, le taux d'infection a par exemple varié du simple au triple selon l'âge. 27% des seniors de plus de 90 ans ont été infectés contre seulement 10% des 65-74 ans. Le niveau de vie a aussi beaucoup joué. Les ménages au niveau de vie inférieur à 25 000 euros par an ont eu plus de risques d'être infectés (15% contre 12%) que ceux vivant avec 60 000 euros annuels. Mais aussi 1,6 fois plus de risques d'être hospitalisés en soins normaux à cause du Covid (0,33% contre 0,21%). Les taux de décès dont la raison principale était le Covid ont été deux fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes après 50 ans.

Vaccination plus ou moins admise

Autre enseignement, d'importants déséquilibres ont été notés selon le pays de naissance. Les personnes nées dans les pays d'ex-Yougoslavie ont eu deux fois plus de risques d'être infectée,s que celles nées en Allemagne. Celles nées au Portugal et en Italie ont été plus souvent contaminées que celles nées au Luxembourg, en France ou en Belgique. Côté hospitalisations (soins normaux) les natifs du Portugal et d'Italie ont été plus impactés.

«Corrélation n'est pas causalité», a insisté la ministre de la Santé, Paulette Lenert. Les chercheurs ont ainsi rappelé que les facteurs sociaux ont joué sur l'exposition au virus (travail, maison, école), sur l'adoption des mesures de prévention, les comorbidités et l'acceptation de la vaccination. Par exemple, les ménages au niveau de vie le plus faible (moins de 25 000 euros par an) ont eu une probabilité d'accepter le vaccin bien plus faible que ceux au-delà de 60 000 euros (58% contre 79%). Les natifs d'ex-Yougoslavie ont nettement moins admis la vaccination que celles du Luxembourg, d'Allemagne ou du Portugal. Les personnes nées en France ont aussi moins adhéré que les Belges, Allemands, Portugais, Belges ou Italiens.

«Cette étude est importante et utile»

Les différences entre groupes selon le lieu de naissance ont notamment été liées à des prévalences différentes en terme de comorbidités, d'exposition, ou de vaccination, ont rappelé Philippe Van Kerm (LISER et Université de Luxembourg) et Ioana Cristina Salagean (STATEC) qui ont dirigé l'étude.

Les données ont ciblé des personnes de plus de six ans affiliées à la Sécurité sociale et ont été obtenues auprès de l'inspection générale de la sécurité sociale (IGSS), du Statec, du LISER ou du ministère de la Santé. «Cette étude est importante et utile et peut aider à orienter davantage par exemple les campagnes d'information auprès de certaines populations», a souligné Paulette Lenert, citant la question de la vaccination.

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