Pakistan: Benazir Bhutto réclame la démission de Musharraf

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Pakistan: Benazir Bhutto réclame la démission de Musharraf

L'ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto a réclamé mardi pour la première fois la démission du président Pervez Musharraf, dans une interview à la chaîne de télévision britannique Sky News TV.

"Nous affirmons que Musharraf doit partir. L'époque de la dictature est révolue", a déclaré Mme Bhutto depuis le domicile d'un responsable de son parti dans la mégalopole de Lahore, encerclée par la police.

Un mandat d'arrêt à domicile lui a été signifié dans la nuit pour l'empêcher d'organiser une "longue marche" de protestation contre l'état d'urgence instauré par M. Musharraf il y a 10 jours. La police a invoqué des raisons de sécurité, assurant que Mme Bhutto faisait l'objet de menaces "précises et graves" d'attentat.

Elle avait déjà été la cible, le 18 octobre, de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, qui avait tué 139 personnes, pour l'essentiel des partisans de son parti rassemblés autour de son camion blindé lors d'un gigantesque défilé. Elle a ajouté ne pas avoir connaissance de l'information donnée par Sky News selon laquelle le gouvernement tiendrait prêt à décoller un avion militaire pour la faire évacuer de force de Lahore.

"Bien entendu, ils peuvent user de la force pour m'enlever, mais combien de temps peuvent-il maintenir un peuple dans le silence ?", a-t-elle lancé. "Ils peuvent emprisonner autant des nôtres qu'ils le souhaitent, il y en aura toujours d'autres qui se dresseront face à la tyrannie qui détruit le Pakistan", a-t-elle ajouté.

Et quand la chaîne américaine CNN lui demande si elle quittera le Pakistan si on l'y contraint, elle a répondu: "Non, je ne partirai pas. Le Pakistan est mon pays". Mme Bhutto, entrée le 18 octobre de 8 ans d'exil pour échapper à des accusations de corruption, est devenue l'un des leaders effectifs de l'opposition depuis qu'elle a annoncé lundi avoir rompu définitivement des négociations entamées il y a plusieurs mois avec le général Musharraf pour un futur partage du pouvoir.

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