Pakistan: l'état d'urgence, répression et rumeurs

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Pakistan: l'état d'urgence, répression et rumeurs

Des dizaines d'avocats ont été interpellés alors qu'ils manifestaient contre les plleins pouvoirs que s'est arrogé le président Pervez Musharraf.

Le désordre règne au Pakistan. Après la mise en, place de l'état d'urgence, ce week-end, par le président et chef des Armées Pervez Mousharraf, les manifestations sont réprimées et les rumeurs circulent.

Le gouvernement vient de démentir le bruit selon lequel le président aurait été assigné à résidence par le numéro deux de l'Armée.

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La police pakistanaise a réprimé lundi les premières manifestations depuis l'instauration de l'état d'urgence samedi, interpellant des dizaines d'avocats dans deux villes du pays, alors que Pervez est sous pression pour ne pas reporter les législatives de janvier.

En visite en Chine, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a demandé lundi le retour de la démocratie constitutionnelle au Pakistan "le plus vite possible".

Charge contre des avocats

Mais des policiers et des paramilitaires ont bouclé les abords de la Haute cour de justice de Karachi, la capitale économique du sud du Pakistan, et ont chargé des avocats rassemblés devant le bâtiment, ont raconté des témoins. Les forces de l'ordre ont interpellé une cinquantaine d'avocats, a dit à l'AFP l'avocat Akhtar Hussain.

Frappés sans pitié

A Rawalpindi, ville de garnison à 15 km d'Islamabad, cinq avocats ont été "frappés sans pitié" alors qu'ils scandaient des slogans hostiles au gouvernement devant un tribunal, a indiqué l'avocat Mudassir Saeed.

Avocats et opposants au président Pervez Musharraf ont promis de contester dans la rue l'instauration de l'état d'urgence.

A Islamabad, les avocats du barreau de la Cour suprême ont appelé à une grève générale et ont annoncé des manifestations, à la suite d'une vague de quelque 500 arrestations au cours du week-end d'opposants, militants des droits de l'Homme et avocats.

A Lahore, "la police a tiré une dizaine de grenades lacrymogènes en direction des avocats qui s'étaient rassemblés devant la Cour suprême et elle les a ensuite frappés à coups de bâton", a affirmé au téléphone à l'AFP Sheikh Faisal, avocat rattaché à la plus haute juridiction du pays. Selon lui, plusieurs avocats souffrent de blessures à la tête.

Pierres contre grenades lacrymo

Des policiers ont également été blessés par des pierres lancées par les avocats, a affirmé Aftab Cheema, le chef de la police locale.

La Cour suprême est directement visée par la mesure d'exception proclamée samedi soir. La plus haute juridiction du pays devait se prononcer dans les prochains jours sur la légalité de la réélection à la présidentielle, le 6 octobre, au suffrage indirect, du président Musharraf.

Les législatives prévues en janvier pourraient être reportées d'une année.

"Second coup d'Etat"

L'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'ici un partage du pouvoir avec le général Musharraf, a dénoncé "le second coup d'Etat" de M. Musharraf, après celui sans violences d'octobre 1999. Elle n'a toutefois pas exclu un accord avec lui s'il "rétablit la Constitution et (...) organise des élections libres, justes et impartiales".

La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a prévenu dimanche que les Etats-unis allaient "devoir réexaminer" leur aide au Pakistan, mais souligné que la plus grande partie de cette assistance, consacrée à la lutte antiterroriste, ne serait pas touchée. Washington a accordé quelque 11 milliards de dollars au Pakistan en aide financière et militaire depuis 2001.

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