Attaque chimique en Syrie – Paris avance des preuves, Assad menace

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Attaque chimique en SyrieParis avance des preuves, Assad menace

La France a diffusé lundi des preuves de la responsabilité, selon elle, du régime syrien dans l'attaque chimique du 21 août, au moment où Bachar el-Assad mettait en garde contre le risque d'une «guerre régionale».

Paris a diffusé sur Internet une «note de synthèse nationale de renseignements», selon laquelle «le 21 août 2013, le régime syrien a lancé une attaque sur certains quartiers de la banlieue de Damas tenus par les unités de l'opposition, associant moyens conventionnels et usage massif d'agents chimiques». «L'attaque du 21 août ne peut avoir été ordonnée et conduite que par le régime», ajoute ce rapport, qui parle d'«emploi massif et coordonné d'agents chimiques contre la population civile». Une telle opération requiert «un niveau de sophistication qui n'appartient qu'au régime», a précisé une source gouvernementale française, soulignant que l'attaque chimique avait été lancée à partir de zones «tenues par le régime» vers des zones «intégralement tenues par les rebelles».

«Sur la base d'une analyse méthodique de 47 vidéos originales des événements du 21 août(...) ont été recensés au moins 281 décès», selon la note de synthèse nationale de renseignement. Même si le gouvernement français n'exclut pas que le bilan soit supérieur, cette évaluation est bien inférieure à celle livrée par les États-Unis qui avaient estimé vendredi à 1 429 morts dont 426 enfants le bilan de cette attaque. Washington et Paris tentent ainsi de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien.

Assad met en garde la France

De son côté, le président syrien Bachar el-Assad a mis en garde lundi contre le risque d'une «guerre régionale» en cas d'action militaire occidentale, alors que Washington et Paris tentent de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien accusé d'avoir utilisé des armes chimiques. «Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s'en approche aujourd'hui (...) Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l'extrémisme se répandront. Le risque d'une guerre régionale existe», a déclaré le président syrien au journal Le Figaro.

Alors que Paris est en première ligne au côté de Washington pour mener une riposte, le président Assad a mis en garde contre une «politique hostile au peuple syrien». «Le peuple français n'est pas notre ennemi, mais (...) dans la mesure où la politique de l'État français est hostile au peuple syrien, cet État sera son ennemi». «Il y a aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France», a-t-il menacé.

(L'essentiel Online/AFP)

«Il n'est pas question pour la France d'agir seule»

Jean-Marc Ayrault a assuré lundi à Matignon que la France restait «déterminée» à agir en formant une «coalition» pour sanctionner l'usage d'armes chimiques, avéré selon elle, par le régime syrien de Bachar el-Assad. À l'issue d'une rencontre de plus de deux heures avec les représentants des groupes parlementaires à Matignon, le Premier ministre a estimé que «plus personne ne nie la réalité». Pour M. Ayrault, «l'enjeu c'est d'éviter que Bachar el-Assad n'utilise à nouveau l'arme chimique contre son peuple, l'enjeu est d'envoyer un message à tous ceux qui seraient tentés de l'imiter à l'avenir». «Il y a donc un enjeu pour la sécurité collective, pour notre propre sécurité», a-t-il fait valoir. «La France est donc déterminée à sanctionner l'usage de l'arme chimique par le régime de Bachar el-Assad et le dissuader d'y recourir à nouveau par une action ferme et proportionnée», a détaillé M. Ayrault.

Il ne s'agit pas de «renverser» le régime el-Assad ni de «libérer la Syrie», a assuré le chef du gouvernement. Dans l'attente d'un vote du Congrès américain, pas avant le 9 septembre, M. Ayrault a annoncé que François Hollande continuait son «travail de persuasion pour réunir dans les meilleurs délais une coalition». «Il n'est pas question pour la France d'agir seule», a-t-il martelé.

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