Dans les salles de marché – Paris veut bannir le trading haute fréquence

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Dans les salles de marchéParis veut bannir le trading haute fréquence

La France a présenté jeudi son projet de réforme bancaire qui prévoit d'interdire le «trading haute fréquence», soit la passation de millions d'ordres par ordinateurs et logiciels.

Le trading à haute fréquence consiste à passer des millions d'ordres par le biais d'ordinateurs et de logiciels pré-programmés. (AFP)

Le trading à haute fréquence consiste à passer des millions d'ordres par le biais d'ordinateurs et de logiciels pré-programmés. (AFP)

Conformément à un engagement du président François Hollande, le texte de la réforme, qui doit être présenté en conseil des ministres le 19 décembre, imposera à chaque banque la création d'une filiale dédiée aux activités de marché qui ne sont pas directement consacrées au financement de l'économie. Cette entité «sera soumise à une séparation (du reste des activités de la banque) et à des exigences prudentielles sévères», a précisé le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici, lors d'une intervention dans le cadre des entretiens de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

La filiale «se verra par ailleurs interdire de mener certaines activités spéculatives fortement critiquées, au premier rang desquelles la spéculation sur les dérivés de matières premières agricoles ou encore le trading à haute fréquence», a-t-il ajouté.

Éviter le «Flash Crash» du 6 mai 2010

Le trading à haute fréquence consiste à passer des millions d'ordres par le biais d'ordinateurs et de logiciels pré-programmés afin de tirer parti de petits écarts de prix pour un même actif. Cette activité est considérée par ses défenseurs comme un contributeur à la liquidité des marchés, c'est-à-dire la capacité à offrir un prix aux vendeurs et aux acheteurs, et à leur efficience. Pour ses détracteurs, le trading haute fréquence (ou HFT) permet aux grands opérateurs de ce marché de confisquer les meilleurs tarifs, au détriment des investisseurs ordinaires, qui ne sont toujours servis que dans un second temps.

Le HFT est également accusé d'aggraver les incidents de marché, le cas le plus emblématique étant celui du «Flash Crash» qui avait vu l'indice phare américain Dow Jones s'effondrer de près de 1 000 points en quelques minutes, le 6 mai 2010, à la suite d'un ordre mal formulé. Les banques françaises se sont refusées à tout commentaire.

(L'essentiel Online/AFP)

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