Sommet européen – «Partenariat» en vue entre l'UE et 6 pays de l'ex-URSS

Publié

Sommet européen«Partenariat» en vue entre l'UE et 6 pays de l'ex-URSS

Les 28 Etats membres de l'Union européenne (UE) ainsi que six pays de l'ex-bloc soviétique, réunis vendredi à Riga, ont discuté du partenariat avec l'Est, mis à mal par la crise ukrainienne.

De gauche à droite: le président du Conseil européen Donald Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. (photo: Keystone/AP/Mindaugas Kulbis)

De gauche à droite: le président du Conseil européen Donald Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. (photo: Keystone/AP/Mindaugas Kulbis)

Les dirigeants de l'UE, Angela Merkel en tête, veulent renforcer leur coopération avec les pays de l'Est. Ils ont toutefois douché tout espoir d'adhésion, de quoi apaiser la Russie, hostile à toute «intrusion» dans sa sphère d'influence. «Le Partenariat oriental n'est pas un instrument d'élargissement de l'Union européenne mais de rapprochement avec l'Union européenne», a insisté la chancelière allemande en arrivant à Riga. «Nous ne devons pas éveiller de fausses attentes auxquelles plus tard nous ne serons pas en mesure de répondre», a-t-elle ajouté. L'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, soutenues par leurs voisins baltes et polonais, clament toutefois haut et fort leur volonté d'entrer dans l'UE.

La réforme de l'UE dont le Premier ministre britannique David Cameron souhaitait discuter au sommet de Riga n'y a finalement pas été abordée. Il n'y a eu aucune discussion, sur ce thème, a déclaré François Hollande en fin de journée. «Et d'ailleurs, ce n'était pas le lieu et ce n'était pas le moment», a ajouté le président français. «S'il y a des discussions, elles auront lieu d'abord à un niveau bilatéral puisque je recevrai David Cameron le 28, la chancelière le recevra le 29», a-t-il poursuivi. M. Cameron aspire à rapatrier certains pouvoirs de Bruxelles à Londres. Il souhaite durcir les conditions d'accès aux aides sociales pour les immigrés de l'UE, notamment en provenance des pays de l'Est, ce qui hérisse Varsovie, Bratislava et Budapest.

Dette grecque

La dette grecque s'est aussi invitée dans la capitale lettonne. Angela Merkel et François Hollande se sont entretenus longuement jeudi soir de cette question brûlante avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Mme Merkel a déclaré vendredi qu'il reste «encore beaucoup à faire» sur ce dossier. «Ce fut un échange très amical, constructif mais il est aussi clair qu'il faut continuer à travailler avec les trois institutions (UE, FMI, BCE), a-t-elle déclaré avant le début des travaux du sommet. La Grèce négocie péniblement un accord avec ces trois institutions pour obtenir les 7,2 milliards d'euros restants d'un deuxième programme d'aide qui expire fin mai. Elle doit aussi procéder à un gros remboursement auprès du FMI le 5 juin, qu'elle pourrait être dans l'incapacité de faire faute d'un accord d'ici là sur une aide financière.

Par ailleurs, François Hollande a déploré vendredi que le cessez-le-feu prévu par les accords de Minsk ne soit pas entièrement respecté dans l'est de l'Ukraine. Il a jugé qu'il convient de continuer à faire pression sur les rebelles prorusses et sur la Russie pour parvenir à un arrêt des combats. François Hollande a exprimé son inquiétude face à la situation dans certaines villes de l'est ukrainien. Sur le terrain, trois soldats ukrainiens ont été tués et douze autres blessés lors des derniers affrontements en date entre les séparatistes soutenus par Moscou et l'armée régulière, a annoncé vendredi cette dernière.

Service anti-corruption

L'UE et l'Ukraine vont par ailleurs mettre en place le mois prochain un service commun anti-corruption. Il permettra de contrôler le bon usage des fonds européens alloués à Kiev, a déclaré vendredi à Bruxelles un responsable européen. Le projet doit être officialisé par la Commission européenne en juin.

Les Vingt-Huit ont versé 1,61 milliard d'euros de prêts à l'Ukraine depuis 2014 et doivent débloquer 1,8 milliard d'euros dans les prochains mois. D'autres fonds européens pour l'Ukraine sont consacrés à l'aide humanitaire et à l'assistance technique, notamment dans les domaines de la réforme administrative et de la sécurité nucléaire.

(L'essentiel/ats)

Ton opinion