Libéralisation du train dans l'UE – «Pas de compromis» pour le moment sur le rail
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Libéralisation du train dans l'UE«Pas de compromis» pour le moment sur le rail

LUXEMBOURG - François Bausch est opposé au paquet législatif visant à libéraliser le ferroviaire européen. Il a proposé des compromis en réunion du conseil à Bruxelles, vendredi.

Le ministre Bausch a mené une coalition d’une dizaine de pays disposant de réseaux ferroviaires de taille modéré.

Le ministre Bausch a mené une coalition d’une dizaine de pays disposant de réseaux ferroviaires de taille modéré.

Editpress

Ce vendredi, le ministre des Infrastructures, François Bausch, a participé aux travaux du conseil «Transport, télécommunications et énergie» à Bruxelles. Opposés aux propositions du «quatrième paquet ferroviaire» visant à libéraliser le rail en Europe, le ministre et plusieurs homologues ont proposé un compromis en gardant de la compétitivité. Depuis 2013, le Luxembourg s'oppose à ce paquet et y voit des «conséquences néfastes» pour le rail luxembourgeois, notamment pour les CFL, un des principaux employeurs du Grand-Duché. Violeta Bulc, commissaire européenne aux Transports, a reconnu vendredi en conférence de presse que «des problèmes subsistent et nous collaborerons avec la présidence lettonne (du conseil de l'UE, ndlr) pour y répondre et parachever le processus». François Bausch a annoncé être satisfait des perspectives qui s'annoncent.

«Certains petits états membres ont évoqué la possibilité de voir l'emploi disparaitre, a expliqué Violeta Bulc. Ces questions sont dues à l'évolution historique des exploitants dans ce pays, à la politique ou à la taille de ces pays. Nous sommes clairs, il n'y aura pas de compromis avant d'avoir une évaluation précise. Notre priorité sera la sécurité et la transparence, mais nous resterons ouverts aux propositions». Une nouvelle réunion avec ces propositions des états membres sera organisée «d'ici à Pâques». Le quatrième paquet ferroviaire a pour but de créer un espace commun européen en 2019. Pour cela, la Commission européenne a voté six propositions législatives pour éliminer les goulots d'étranglement, construire les liaisons transfrontalières manquantes et promouvoir l'interopérabilité des modes de transports. Dans son volet technique, cette proposition doit éliminer les différences de normes de sécurité et de technique en fonction des pays de l'UE.

Le paquet ferroviaire vise également à faire de l'Agence ferroviaire européenne la seule compétente pour les autorisations de véhicules et pour les certificats de sécurités des entreprises. Elle doit également donner plus de pouvoirs aux gestionnaires de l'infrastructure vis à vis des exploitants ferroviaires, ce qui inquiète plus particulièrement François Bausch. Enfin, le paquet vise à ouvrir les marchés nationaux du transport de voyageurs à partir de décembre 2019. Avec l'ouverture du rail, les plus petits pays craignent pour leurs emplois face aux nombreux acteurs internationaux. Dans ce débat, le Luxembourg a comme alliée une coalition d'une dizaine de pays dont les Pays-Bas ou la Belgique.

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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