Au Luxembourg – «Pas de lacunes dans la lutte antiblanchiment»

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Au Luxembourg«Pas de lacunes dans la lutte antiblanchiment»

LUXEMBOURG - Le Grand-Duché est dans le viseur d'une enquête menée par plusieurs médias, qui l'accusent notamment d'abriter des fonds d'origine criminelle.

Le centre financier abriterait 55 000 sociétés offshore gérant des actifs dont la valeur atteint au moins 6 500 milliards d’euros, selon l'enquête.

Le centre financier abriterait 55 000 sociétés offshore gérant des actifs dont la valeur atteint au moins 6 500 milliards d’euros, selon l'enquête.

«Luxembourg, radiographie d'un paradis fiscal». Le journal français Le Monde et seize autres médias ont mené une enquête sur le Luxembourg («OpenLux») afin de «révéler pour la première fois, ce que dissimule» le centre financier du Grand-Duché. Les médias affirment notamment que des fonds douteux, suspectés de provenir d’activités criminelles ou liés à des criminels visés par des enquêtes judiciaires, ont été dissimulés au Luxembourg. Ce serait le cas de sociétés liées à la Mafia italienne, la ’Ndrangheta, et à la pègre russe. En outre, la Ligue, le parti d’extrême droite italien, y aurait caché une cagnotte recherchée par les autorités transalpines. Enfin, des proches du régime vénézuélien y auraient recyclé des fonds de marchés publics viciés.

Le gouvernement se défend dans un communiqué en affirmant que le Luxembourg «respecte pleinement» toutes les réglementations européennes et internationales en matière de fiscalité et de transparence. À ce titre, le gouvernement souligne que les entreprises du secteur financier réglementé, tout comme les prestataires de services aux entreprises (avocats, notaires...) ainsi que les huissiers de justice, les agents et promoteurs immobiliers, les opérateurs en zone franche autorisés, prestataires de services d’actifs virtuels, ainsi que certains négociants des biens et d’œuvres d’art, «sont tous soumis à l’obligation de vigilance», qui exige que le professionnel procède à l'identification de son client ainsi qu'à celle du bénéficiaire effectif de la transaction, et signale toute activité suspecte.

Moins surprenant, l'enquête «OpenLux» présente le Luxembourg comme un «pays de Cocagne» (un paradis terrestre) pour les groupes et les grandes fortunes du monde entier, dans la mesure où leurs dividendes, gains en capital et droits de succession seraient exonérés d'impôt. Une accusation encore une fois réfutée par le gouvernement qui affirme qu'il n'existe pas de régime fiscal spécifique au Luxembourg pour les entreprises multinationales, ni les sociétés numériques. «Ces entreprises doivent se conformer aux mêmes règles fiscales et à la même législation que toute autre société», précise-t-il. Pourtant, des accords sur le taux d'imposition (rescrits fiscaux) existent entre l'État et des multinationales. Pierre Gramegna, le ministre des Finances, explique toutefois régulièrement que ces rescrits fiscaux sont moins nombreux qu'avant.

(ol/L'essentiel)

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