Luxembourg: Peut-on s'arrêter de travailler quand il fait trop chaud?

Publié

LuxembourgPeut-on s'arrêter de travailler quand il fait trop chaud?

LUXEMBOURG – Alors que les syndicats européens militent pour une loi fixant une température maximale au travail, un certain flou entoure la réglementation au Luxembourg.

par
Thomas Holzer
Les travailleurs souffrent aussi de la chaleur au Luxembourg.

Les travailleurs souffrent aussi de la chaleur au Luxembourg.

Le Luxembourg et le reste de l'Europe ont été frappés par plusieurs vagues de chaleur au cours des dernières semaines, mettant à rude épreuve certains organismes, y compris sur le lieu de travail. Ce lundi, le thermomètre affichait encore 30°C au Grand-Duché.

Un danger pour les travailleurs, estime la Confédération européenne des syndicats (CES) qui plaide lundi pour l'adoption d'une loi qui fixerait une température maximale au travail sur le continent. La confédération à laquelle est affiliée l'OGBL rappelle les trois décès enregistrés en Espagne après «un coup de chaleur» et souligne le déficit de législation dans plusieurs pays européens autant que les «grandes variations» d'un État à l'autre.

Les recommandations de l'ITM

Au Luxembourg, aucune température maximale interdisant de travailler n'est fixée, mais cela ne signifie pas que les entreprises n'ont pas d'obligations en la matière. L'employeur est ainsi tenu «d’assurer la sécurité de ses salariés (…) Il lui incombe de prendre toutes les mesures nécessaires afin que le salarié puisse exécuter son travail dans des conditions supportables et ne présentant pas de danger pour sa santé», rappelle la Chambre des artisans.

L'ITM liste également plusieurs recommandations en la matière. Dans les locaux de travail, l'entreprise doit «surveiller la température ambiante, isoler thermiquement les bâtiments, mettre à disposition des appareils utiles comme des ventilateurs d'appoint, installer des aires climatisées ou encore mettre à disposition de l'eau potable».

Pour les travaux en extérieur, et en particulier pour les chantiers, les recommandations se concentrent notamment sur les équipements. Les sociétés sont aussi incitées à prévoir et aménager des zones d'ombre et à réduire certains postes de travail particulièrement physiques en plein soleil.

Quid du doit de retrait?

Du bon sens, mais peu de contraintes, regrettent les syndicats: «Il n’existe pas de cadre légal (…) Cela reste très vague et général», indiquait récemment l'OGBL, appelant le Luxembourg à s'inspirer de son voisin belge où les actifs dont l'emploi est physiquement exigeant ne peuvent pas travailler quand la température excède 22°C.

Reste une question épineuse. Que peut faire le salarié si l'employeur ne met pas en place ces recommandations? D'après le Code du travail, un travailleur peut décider de faire valoir son droit de retrait s'il apporte «la preuve d'un danger grave, immédiat qui ne peut être évité». Une notion juridique sujette à interprétation, la réglementation indiquant également qu'un salarié n'a pas le droit de «refuser d'exercer son activité de manière non-justifiée».

Un flou qu'il s'agirait de clarifier via la législation. Pour l'heure, aucune loi en la matière n'a été votée au Grand-Duché. Mais la récurrence des canicules promise par les météorologistes pourrait rapidement remettre le débat sur la table…

Ton opinion

20 commentaires