Luxembourg: Peut-on vraiment choisir son lieu de télétravail ?

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LuxembourgPeut-on vraiment choisir son lieu de télétravail ?

LUXEMBOURG – La question qui anime ces dernières semaines la fonction publique est loin de ne concerner que ce secteur.

par
Nicolas Martin
Le lieu depuis lequel l'employé télétravaille est sujet à débat.

Le lieu depuis lequel l'employé télétravaille est sujet à débat.

Faut-il absolument télétravailler depuis chez soi ou peut-on imaginer le faire depuis le domicile d’un autre membre de la famille, voire, cas plus extrême depuis un lieu de villégiature? La question s’est forcément posée avec l’explosion du télétravail liée à la pandémie.

Et s’il est loin de se limiter à la fonction publique, le débat sur le lieu de «home office» y génère de vives discussions. Le syndicat CGFP a ainsi dénoncé dans un communiqué une trop grande rigidité du ministère de la Fonction publique. «Suite à la pandémie, le règlement grand-ducal qui définissait notamment le télétravail dans la fonction publique a été aboli pour permettre de limiter davantage les contacts», raconte Max Lemmer, chargé de presse de la CGFP. Mais à l’heure de définir un nouveau règlement post-covid, les avis divergent.

«Résidence habituelle»

Et le syndicat avance ses revendications. Il réclame notamment «que le travail à domicile soit autorisé sur plusieurs lieux de résidence. Il s’agit de faciliter l’organisation en particulier des familles recomposées», note Max Lemmer. Autre point d’achoppement : le nombre de jours de télétravail par semaine que le ministère se refuse à définir selon le syndicat qui représente environ 33 000 personnes. «Nous préconisons au moins un jour par semaine si le poste s’y prête», poursuit le porte-parole. Le syndicat de fonctionnaire réclame enfin un droit à la déconnexion. «On est sur la bonne voie, il fait l’objet d’un large consensus mais le ministère veut le supprimer dans des cas d’urgence», or la CGFP craint des abus.

Du côté du ministère, on temporise. «Contrairement à ce que laisse penser le communiqué de la CGFP, les échanges entre celle-ci et le ministre de la Fonction publique ne sont pas encore terminés. Il avait été convenu de continuer ces échanges avant les vacances d’été». Mais les équipes du ministre Marc Hansen répliquent aussi. «Le ministère avait déjà dès le départ soumis une proposition plus souple, à savoir la résidence habituelle, par rapport au texte de loi actuel plus strict qui se limite au domicile».

Dans le détail, le ministère rappelle que «dans une administration, il est prévu de régler ces modalités par une autorisation à l’agent de télétravailler accordée par le chef d’administration».

Deux adresses dans l'UE?

Un document qui reprend, entre autres, «le lieu de télétravail, c’est-à-dire que ce lieu ne peut pas être fixé spontanément par l’agent». Pourquoi ? «Car il doit correspondre à différents critères, assure le ministère . Le lieu de télétravail devra en effet permettre un travail serein et concentré, dans un milieu pouvant préserver aussi bien la sécurité et la santé du télétravailleur mais également la confidentialité des données que l’agent traite lors de son travail».

Pour le ministère de la Fonction publique, l’approche de la résidence habituelle permet «une certaine flexibilité à convenir entre l’agent et le supérieur hiérarchique, tout en respectant les critères nécessaires à une exécution soignée du travail, en dehors du bureau habituel. Il est évident que les parties peuvent s’entendre en cours de route sur une adaptation du lieu de télétravail à reprendre dans l’autorisation».

Mais le ministère ferme la porte à une revendication syndicale. «La CGFP a proposé de pouvoir définir deux adresses dans l’UE où l’agent pourrait exercer son télétravail, ce qui ne correspond pas à nos critères pré mentionnés».

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