Entreprises en Moselle – Plan de relance: «Premier arrivé, premier servi»

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Entreprises en MosellePlan de relance: «Premier arrivé, premier servi»

METZ - Les entreprises vont devoir apprendre à dégainer rapidement leurs projets, car les aides de l'État ne seront pas extensibles.

L'entreprise Planet'Puzzles a par exemple obtenu 650 000 euros sur les 2,8 millions d'investissements que la société projetait pour poursuivre une croissance boostée par le confinement.

L'entreprise Planet'Puzzles a par exemple obtenu 650 000 euros sur les 2,8 millions d'investissements que la société projetait pour poursuivre une croissance boostée par le confinement.

AFP/Jean-christophe Verhaegen

Soigner «une économie indéniablement sous perfusion?»: après douze mois de crise sanitaire, Odile Bureau, sous-préfète chargée de la relance en Moselle, se fixe comme objectif de pousser les entreprises à «dégainer très vite» leurs projets, car «la logique des aides sera: premier arrivé, premier servi».

Dans un département parmi les premiers touchés par la crise sanitaire, et aujourd'hui encore l'un des plus impactés par les variants, l'économie n'a pas encore subi le tsunami redouté. Les chiffres le démontrent: «Il y a eu moins de liquidations d'entreprises en 2020 qu'en 2019», relève Mme Bureau.

Pour cette sous-préfète, arrivée précocement au chevet de l'économie de la Moselle, régulièrement rendue malade par les crises (mines, sidérurgie...), il s'agit maintenant de garder la dynamique. De démontrer que cette situation favorable «n'est pas factice», d'autant que le contrecoup de la pandémie pourrait «se produire au deuxième semestre 2021».

«Nous entrons dans le vif du sujet»

Mme Bureau sait qu'elle ne dispose pas de baguette magique. Elle ne tient pas les cordons de la bourse. «Je n'ai pas d'enveloppe financière», rappelle-t-elle, avant d'expliciter son rôle, un peu celui de VRP «du plan gouvernemental de 100 milliards d'euros».

«Nous entrons dans le vif du sujet. Il est temps de ne pas laisser traîner au fond des placards des projets, des investissements prêts qui pourraient bénéficier d'aides», insiste-t-elle. «La logique, c'est premier arrivé, premier servi», répète-t-elle comme un leitmotiv.

Son idée est également de pousser les entreprises «à répondre à des appels à projets», notamment les PME qui manquent «de moyens structurés» pour y parvenir. Quitte à les prendre presque par la main pour «les aider à remplir les dossiers dématérialisés qui leur conviendront».

«Seuls les projets matures seront accompagnés»

À ses yeux, certains projets pourraient «susciter des vocations». D'autant qu'il y aura un appel d'air, notamment pour le BTP avec 84 millions d'euros budgétés pour 68 projets mosellans. Il s'agit de rénovations thermiques de bâtiments de l'État mais aussi de la construction d'une seconde cité administrative.

Toutefois, tous les investissements des entreprises ne seront pas acceptés. «Il est important de faire savoir que seuls les projets matures seront accompagnés» et «ils devront répondre à des exigences d'écologie, d'innovation et être bénéfiques pour l'emploi», comme une relocalisation de production, prévient Mme Bureau.

C'est avec cet étendard que l'entreprise Planet'Puzzles a par exemple obtenu 650 000 euros sur les 2,8 millions d'investissements que la société projetait pour poursuivre une croissance boostée par le confinement. L'idée forte: ramener en France une production en voie d'extinction, celle des puzzles. À l'été, elle produira ses propres marques et envisage la création d'une vingtaine d'emplois d'ici 2022.

Un projet pour Carling

Fin février, quinze entreprises avaient bénéficié du plan de relance en Moselle, dont «six au titre du fonds de modernisation du secteur de l'automobile», «deux du fonds de modernisation aéronautique» et «six pour le soutien de l'investissement industriel».

Le quinzième lauréat est le groupe Metex (Metabolic Explorer), classifié en «relocalisation». Ce groupe français, qui compte 450 salariés avec le rachat du Japonais Ajimoto, est spécialisé dans le développement de procédés de production de composés biochimiques. Il a en projet de «construire à Carling la première unité européenne de bio-production».

Il s'agira d'une «unité industrielle de production par fermentation d'acide glycolique pour la fabrication de biomatériaux pour les applications médicales, de films plastiques biodégradables et de crèmes dermo-cosmétiques», selon la préfecture.

«Booster des dossiers»

L'investissement promet 40 emplois et s'élève à un peu plus «de 38,7 millions d'euros». L'entreprise avait fait une demande de subventions de «15 millions d'euros». Le 9 février, elle s'est vu attribuer près de 9,6 millions d'euros, soit la somme la plus importante à ce jour distribuée, les autres récipiendaires recevant de 200 000 à 1,1 million d'euros, selon la même source.

Mme Bureau ne décide pas des montants alloués, un certain nombre de demandes étant même traitées directement par l'administration centrale à Paris. «Le plan de relance, c'est pour permettre de démarrer, de booster des dossiers auxquels il manquait le petit coup de pouce», souligne-t-elle.

(L'essentiel/afp)

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