Contre l'éducation des filles – Plus de 100 écolières enlevées au Nigeria
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Contre l'éducation des fillesPlus de 100 écolières enlevées au Nigeria

Entre 100 et 200 jeunes filles ont été enlevées dans leur lycée de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, par des islamistes de Boko Haram, a déclaré une source sécuritaire.

Interrogé à propos d'une information publiée dans les médias, selon laquelle 200 jeunes filles auraient été enlevées lundi par des islamistes dans un établissement scolaire de Chibok, cette source, qui a requis l'anonymat, a répondu que «leur nombre ne s'élève pas à 200 mais il y a en a plus de 100». Emmanuel Sam, responsable de l'éducation pour la ville de Chibok, où l'attaque a eu lieu lundi soir, avait confirmé plus tôt l'attaque du lycée public pour filles de Chibok, qui a eu lieu lundi soir.

Le groupe islamiste Boko Haram - dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un pêché» en langue haoussa - a souvent pris pour cible des écoles au cours de son insurrection qui a fait plusieurs milliers de morts depuis 2009. Selon un habitant, les hommes armés sont arrivés «dans des camions et sur des motos et ils se sont dirigés vers l'école». Les forces de l'ordre ont pu «suivre les traces d'un camion» qui a emmené les jeunes filles et ont retrouvé le véhicule «hors service dans les brousailles», a précisé la source sécuritaire. «Nous tentons maintenant de localiser les jeunes filles enlevées», a-t-elle ajouté.

Attentat meurtrier

Les troupes nigérianes ont été déployées en alerte maximale dans les rues d'Abuja au lendemain de l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire de la capitale, qui a fait au moins 75 morts. Certains médias avaient annoncé un bilan de 200 morts avant que le nombre ne soit revu à la baisse.
L'attentat attribué aux islamistes de Boko Haram est la première attaque commise sur le territoire de la capitale nigériane depuis deux ans. Cette attaque sanglante soulève des inquiétudes sur une éventuelle propagation de l'insurrection islamiste au reste du pays.

L'explosion survenue lundi à une heure de pointe dans la gare de bus de Nyanya, à quelques kilomètres du centre-ville, a projeté des lambeaux de chair et des effets personnels sur tout le site, jonché de véhicules carbonisés. La police a d'abord annoncé un bilan de 71 morts et 124 blessés mais le ministère de la Santé a ensuite revu ce bilan à la hausse, de 72 morts et 164 blessés. Mais des victimes n'ont pas encore pu être identifiées et prises en compte dans le bilan, «leur cadavre étant totalement démembré», avait précisé plus tôt un communiqué du ministère de la Santé.

«La menace est toujours là»

Dans les hôpitaux de la capitale, de nombreuses victimes se trouvent encore en soins intensifs et d'autres, en état de choc, ont du mal à parler, et surtout à entendre, conséquence de l'explosion. Fila Samuel, un agent de sécurité de l'aéroport d'Abuja, faisait la queue pour monter dans un bus au moment de l'attentat. «J'ai entendu un gros "boom", je suis tombé et quelque chose m'a heurté à la tête», explique M. Samuel, qui dit ne plus entendre de l'oreille droite. Gabriel Ibrahim souffre pour sa part de fractures aux deux jambes et d'une blessure à la tête. Il se souvient de la déflagration, mais il a ensuite perdu connaissance et ne s'est réveillé que plus tard, à l'hôpital.

Quelques heures après l'attentat, le chef de la police nigériane, Mohammed Abubakar, avait placé ses troupes dans la capitale en état «d'alerte rouge» et avait ordonné d'intensifier la surveillance des «cibles les plus vulnérables», sans donner davantage de précisions.

(L'essentiel/ afp)

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