Soundgarden – «Plus facile qu’on ne l’imaginait»
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Soundgarden«Plus facile qu’on ne l’imaginait»

ESCH-BELVAL - Groupe majeur du rock américain des années 90, Soundgarden est revenu sur le devant de la scène en 2010. Il est ce mardi soir à la Rockhal.

L’essentiel: Vous êtes un des membres fondateurs du groupe. Quel sentiment cela vous a-t-il procuré, il y a deux, d’être à nouveau réunis?

Kim (guitariste): Ce fut une sensation assez géniale. Mais nous étions restés en contact, comme le font souvent les amis. Et ce qui était fort dans cette reformation, c’était le fait de jouer à nouveau tous ensemble.

Etait-ce facile de tourner et de composer à nouveau ensemble?

Ce fut bien plus facile que nous aurions pu l’imaginer, comme quelque chose de naturel. Pourtant, les années nous ont changés, nous avons pris des directions différentes, nos intérêts ne sont plus les mêmes. Mais nous nous sommes justement reformés pour jouer ensemble.

Le processus de composition a-t-il changé?

Pas vraiment, car nous n’avons pas de processus type. En fait, nous avons toutes sortes de façon de composer. Cela peut venir au départ d’un des membres, arriver pendant des sessions, ou parfois c’est le fruit d’une collaboration entre deux ou trois membres du groupe.

«King Animal» a été bien accueilli. Cela a-t-il renforcé votre confiance?

Le succès rencontré par notre dernier album nous a bien sûr apporté de la confiance. L’album était bon, et cela nous a surtout conforté dans le fait de jouer ensemble. Ce sera d’ailleurs d’autant plus facile à l’avenir.

Vous avez eu d’autres projets. Vous n’aviez pas envie de sortir un album sous votre nom?

Après la séparation, la situation était compliquée. Il n’y avait plus ni maison de disque ni manager pour nous soutenir. Une des raisons pour laquelle nous avions commencé à discuter ensemble de tout cela en 2009 était justement lié au fait que nous n’avions pas de merchandising, on ne pouvait plus trouver de tee-shirts, ni de suivi au niveau du back catalogue, ni de fan club. Désormais nous avons tout cela. Et pour répondre à la question, même si j’avais sorti un disque sous mon nom, cela aurait sonné comme du Soundgarden, mais sans Chris Cornell au chant.

Seattle fut une ville centrale à l’époque du grunge…

Il s’est passé quelque chose de formidable à Seattle à la fin des années 80 et au début des années 90, avec des groupes comme Nirvana, Pearl Jam, Mudhoney ou Soundgarden. Nous en sommes vraiment fiers. Mais rapidemment, cette scène s’est essoufflée, du fait de la séparation de plusieurs groupes, ou tout simplement parce que les groupes n’y jouaient presque plus, puisqu’ils tournaient dans le monde entier.

Quels groupes vous ont impressionné ces dernières années?

Je citerais Ohm, qui compose une musique hypnotique, Sunn O))), qui fait du drone, The Dillinger Escape Plan, plus progressif, ou encore Comets On Fire. J’aime le vrai rock indie, pas celui que l’on appelle aujourd’hui ainsi mais qui ressemble plus à la musique qu’écoutait nos parents!

Vos fans des débuts vous ont suivi. Avez-vous aussi des fans plus jeunes?

Oui, et d’ailleurs la plupart de nos jeunes fans sont musiciens. C’est un honneur d’être ainsi considérés, car cela signifie que nous sommes sur la bonne voie. À leur âge, nous avions aussi nos références, de Pink Floyd à Black Sabbath en passant par Rush.

Comment s’articule votre nouveau show?

Nous jouons des titres de chaque album, de «King Animal», bien sûr, mais aussi des anciens, comme «Superunknown» ou «Badmotorfinger», et même de la période Sub-Pop.

Ce mardi soir 20h à la Rockal. Entrée: 44/48 euros

Recueilli par Cédric Botzung

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