Vu du Luxembourg – Pour Juncker, «tout a changé à partir de là»
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Vu du LuxembourgPour Juncker, «tout a changé à partir de là»

LUXEMBOURG - L’ex-Premier ministre luxembourgeois et ex-président de la Commission européenne a vécu au plus près les bouleversements politiques post 11-Septembre.

Jean-Claude Juncker était Premier ministre à l'époque, Lydie Polfer, ministre des Affaires étrangères.

Jean-Claude Juncker était Premier ministre à l'époque, Lydie Polfer, ministre des Affaires étrangères.

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Quelles conséquences principales retenez-vous du 11 septembre 2001?

Jean-Claude Juncker: Tout a changé à partir de là. Nous avons connu deux guerres. En Afghanistan, puis en Irak, organisant un désastre intégral au Moyen-Orient. Des attentats ont frappé en Europe, le terrorisme nous a accompagnés de longues années, jusqu’à récemment. La vie quotidienne a changé, car les libertés publiques peuvent être menacées si on ne prend pas garde.

La position du Luxembourg et de l’Europe a-t-elle été à la mesure de l’événement?

La solidarité a d’abord été sans faille. Nous avons déclenché pour la première fois l’article 5 du traité de l’Otan sur l’assistance mutuelle. Tous les Européens étaient d’accord pour que l’Amérique et la communauté internationale réagissent avec beaucoup de force, de résolution et de détermination au défi qui nous était lancé. Car ce n’était pas seulement une attaque contre les Américains. La communauté internationale dans son ensemble, à quelques exceptions près, se sentait attaquée.

Pour autant, la réponse «va-t-en-guerre» américaine n’est-elle pas allée trop loin?

La réaction américaine aux attentats fut adéquate, mais par la suite, des événements ont contribué à changer le regard des Européens sur les États-Unis. Les séances de torture, Guantanamo, tout cela dérangeait profondément les amis des Américains. Je n’avais pas l’impression à l’époque que nous allions suivre une logique de guerre qui allait durer 20 ans, alors que la cause principale, Al-Qaïda, fut éliminée dans un laps de temps assez court. Les véritables problèmes qui ont suivi, c’est la guerre en Irak, qui n’était pas une guerre contre le terrorisme.

La nature des relations internationales en a été chamboulée...

Les relations Europe-États-Unis sont en train de se normaliser, bien que le président Biden n’ait pas consulté ses alliés sur le récent retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Il y a une certitude grandissante au sein de l’UE que nous devons prendre soin nous-mêmes de notre sécurité, que les Américains n’en sont plus garants. Après leur retrait d’Afghanistan, il n’y a plus de «gendarme du monde».

(Recueilli par Mathieu Vacon/L'essentiel)

Le gouvernement avait réagi immédiatement

Quelques heures à peine après l'attaque, le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, et la ministre des Affaires étrangères, Lydie Polfer, organisaient une conférence de presse dont vous pouvez retrouver le compte-rendu en suivant ce lien. Compassion à l'égard des Américains, renforcement de la sécurité au Findel et autour des institutions américaines au Luxembourg... l'horreur avait aussi concerné le Grand-Duché.

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