France/Grand Est – Pour le juge Lambert, Laroche était innocent

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France/Grand EstPour le juge Lambert, Laroche était innocent

Jean-Michel Lambert, premier juge chargé de l'affaire Grégory en 1984, a été retrouvé mort mardi soir. Le suicide est privilégié. Il emporte avec lui ses convictions.

AFP

Il y a «peu de place au doute» sur le fait que le décès de l'ex-juge Jean-Michel Lambert, premier juge à être chargé de l'instruction de l'affaire Grégory, retrouvé mort mardi soir, à son domicile du Mans, soit un suicide, a déclaré à l'AFP mercredi, une source proche de l'enquête. Selon cette même source, une autopsie doit avoir lieu. Le corps de l'ex-magistrat a été retrouvé mardi soir dans son appartement du Mans, dans son bureau, avec un sac plastique noué sur la tête à l'aide d'un foulard.

D'après les premières constatations, aucune trace d'effraction ou de lutte n'a été relevée dans son appartement. Aucune lettre n'a été retrouvée au domicile, selon une source proche du dossier. Le décès de l'ex-juge, à la retraite depuis 2014 mais hanté par l'affaire Grégory dont sa gestion a souvent été critiquée, intervient alors que l'enquête est relancée de plus belle depuis un mois.

Emploi du temps «fabriqué»

Surnommé «le petit juge», Jean-Michel Lambert avait 32 ans lorsque le 16 octobre 1984, le cadavre du petit Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Trente ans après, il se disait «persuadé» de l'innocence de Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire avant d'être libéré puis tué par Jean-Marie Villemin. «Bernard Laroche est innocent. Je m'apprêtais à rendre un non-lieu quelques semaines après l'avoir libéré. Son assassinat ne m'en a pas laissé le temps», expliquait-il, le 1er septembre 2014, dans un entretien à l'AFP.

On a «fabriqué» un emploi du temps et «inventé» un mobile à Laroche pour lui faire endosser le crime, mais «cela ne tient pas», assurait-il, relevant une multitude d'incohérences. «La vie m'a appris à juger avec beaucoup d'humilité et à essayer de faire preuve d'humanité», poursuivait-il. «J'ai aussi appris à me protéger des médias», ajoutait celui qui fut traqué dans ses moindres faits et gestes tout au long des deux années au cours desquelles il mena l'instruction dans l'affaire Grégory.

L'enquête, relancée en juin dernier de façon spectaculaire, s'intéresse aujourd'hui notamment au «clan Laroche», avec la mise en examen d'un grand-oncle et d'une grand-tante de Grégory, ainsi que de Murielle Bolle, la belle-sœur de Laroche.

(L'essentiel/AFP)

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