Elus français en Syrie – Pour Valls, Assad est «un diable» et «un boucher»
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Élus français en SyriePour Valls, Assad est «un diable» et «un boucher»

Le Premier ministre français a condamné jeudi la visite en Syrie de quatre parlementaires français qui ont rencontré mercredi le président Bachar el-Assad.

Trois parlementaires français ont rencontré mercredi, à Damas, le président syrien Bachar el-Assad.

Trois parlementaires français ont rencontré mercredi, à Damas, le président syrien Bachar el-Assad.

AFP

Manuel Valls voit une «faute morale» au regard de la responsabilité du régime dans le conflit qui ravage le pays depuis quatre ans. Les élus «ne sont pas allés rencontrer n'importe qui, ils sont allés rencontrer Bachar el-Assad, responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, il ne s'agit pas seulement d'un dialogue, il s'agit là d'un geste qui ne les honore pas», a déclaré le Premier ministre français sur BFM TV et RMC. «Que des parlementaires aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher», «je crois que c'est une faute morale. Les parlementaires représentent la souveraineté nationale», a-t-il ajouté, estimant qu'il revenait aux élus d'en tirer les conséquences.

Ce déplacement constitue une ligne de fracture avec la position officielle de la diplomatie française qui a rompu tout contact avec le régime syrien en 2012. Mi-février, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarait: «L'idée qu'on pourrait trouver la paix en Syrie en faisant confiance à Bachar el-Assad et en pensant qu'il est l'avenir de son pays est une idée que je crois fausse». La délégation était composée du député PS Gérard Bapt et du sénateur UMP Jean-Pierre Vial, présidents des groupes d'amitié France-Syrie dans les deux chambres du Parlement, du député UMP Jacques Myard et du sénateur UDI François Zocchetto. Gérard Bapt n'a pas participé à la rencontre avec Bachar el-Assad.

Le député PS va tout de même être convoqué par le Parti socialiste et sera sanctionné. «Je le déférerai devant la haute autorité du Parti socialiste et celle-ci dira s'il a enfreint les statuts du parti», a indiqué jeudi le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sur RTL. «Ce voyage correspond à ce que de très nombreux députés et sénateurs pensent sur la nécessité d'adapter notre politique au Proche et au Moyen-Orient», a pour sa part commenté jeudi Jacques Myard, sur Sud Radio. La veille, il avait déclaré sur France 3: «J'adore discuter avec le diable... parce qu'il est intelligent le diable».

(L'essentiel/AFP)

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