«Jour du dépassement»: Pourquoi le Luxembourg vit «à crédit» depuis février

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«Jour du dépassement»Pourquoi le Luxembourg vit «à crédit» depuis février

LUXEMBOURG – Le «jour du dépassement», date à laquelle l'humanité a consommé l'ensemble des ressources naturelles que la Terre peut renouveler en un an, a eu lieu jeudi à l'échelle de la planète, mais beaucoup plus tôt à l'échelle du Luxembourg.

par
Thomas Holzer
L'humanité surconsomme depuis plusieurs dizaines d'années.

L'humanité surconsomme depuis plusieurs dizaines d'années.

«La journée de dépassement» a eu lieu jeudi dernier. Une date symbolique qui correspond à celle où l'humanité a consommé l'ensemble ce que la planète peut produire en un an sans s'épuiser. À l'exception de 2020, au moment de la pandémie, cette date n'a fait que reculer depuis plus de cinquante ans.

C'est aussi l'occasion pour chaque pays de calculer sa propre date de dépassement en mesurant son niveau de consommation. Et dans ce registre, le Luxembourg fait figure de mauvais élève se situant… au deuxième rang mondial des pays les plus énergivores.

Seul le Qatar fait pire. Si toute la planète consommait autant que le Grand-Duché, le jour du dépassement aurait en effet eu lieu le 14 février! Il faudrait 1,75 planète Terre à l'humanité pour subvenir aux besoins de la population mondiale, et plus de huit si tout le monde vivait comme le petit Luxembourg.

L'effet «petit pays»

Des chiffres éloquents qui ne rendent pourtant pas justice à la consommation des résidents luxembourgeois. Comme de nombreux outils de mesures, le PIB/habitant en tête, cet instrument n'est pas adapté à la réalité démographique du Luxembourg. Rappelons que le Grand-Duché compte plus de 630 000 habitants mais également plus de 210 000 frontaliers et des millions d'automobilistes en transit qui ne s'arrêtent au Luxembourg pratiquement que pour faire le plein d'essence.

Deux données qui coûtent énormément en termes d'empreinte écologique. Or ces personnes sont, à juste titre, non comptabilisées comme résidentes au Luxembourg, alors que les effets de leur consommation et production, elles, sont prises en compte. Même mécanique pour les exportations très importantes de l'industrie et du secteur des services, également imputables aux Luxembourgeois résidents. L'aéroport du Findel enregistrait également plus de 4,4 millions de passagers en 2019 ou encore 1,1 million de tonnes de fret. Des chiffres très importants pour un «petit pays» comme le Luxembourg.

Reste que le Luxembourg, forte place économique en Europe, demeure un point noir en termes écologiques, justement car sa dynamique économique est importante. Mais dans des proportions équivalentes à celles des autres grandes zones européennes à forte valeur ajoutée.

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