Education – Préférer un enfant plutôt qu'un autre

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ÉducationPréférer un enfant plutôt qu'un autre

Les parents auraient un chouchou parmi leur progéniture, selon une étude. Réactions sur le sujet avec deux psys.

Il y a deux semaines, le magazine Time publiait un dossier sur le favoritisme au sein des familles. Malgré ce qu'ils jurent à leurs enfants, tous les parents auraient un fils ou une fille préféré(e). Jeffrey Kluger, journaliste à l'hebdomadaire américain et auteur d'un nouvel ouvrage en anglais consacré à ce sujet, déclare que «95% des parents ont un chouchou parmi leurs enfants, les 5% restants ne sont que des menteurs».

Plusieurs études menées outre-Atlantique sont réunies dans «Time». Pour certains chercheurs, lorsque le père ou la mère préfère le rejeton qui lui ressemble le plus, il s'agit d'un réflexe narcissique. Pour d'autres scientifiques, qui ont démontré que l'aîné occupait souvent la place du préféré, les parents appliquent une règle économique: ils ont dû investir davantage d'argent pour le premier-né que pour les puînés et attendent de voir leurs efforts récompensés.

Enfin, dans les familles comptant trois enfants, le sexe de ces derniers serait un élément déterminant pour couronner le ou la favorite. La situation américaine est-elle comparable à ce qui se passe en Europe? Le psychiatre Daniel Schechter, responsable de l'unité de liaison et de la recherche parents-enfants aux Hôpitaux universitaires de Genève, et Alain Neuenschwander, autre psychologue suisse, se sont prêtés au jeu des questions-réponses sur cinq idées reçues.

Le benjamin est-il le chouchou?

NON - Daniel Schechter: «L'enfant qui naît en dernier et qui serait perçu comme la cerise sur le gâteau est un cliché. Les parents n'étaient pas au même stade de leur vie lorsqu'ils ont conçu leurs différents enfants. Ils tissent des relations différentes avec chacun d'eux».

OUI ET NON - Alain Neuenschwander: «La naissance du dernier-né arrive souvent comme un cadeau. On a tendance à lui laisser passer plus de choses. Les parents ayant déjà eu d'autres expériences éducatives sont moins inquiets. Être le cadet n'est pas pour autant synonyme de meilleure place, cela dépend de chaque famille».

A-t-on un penchant marqué pour l'un de ses gamins?

OUI ET NON - Daniel Schechter: «À certains moments de leur développement, les parents peuvent préférer différents aspects de leurs enfants. S'ils marquent une préférence constante et figée pour l'un d'entre eux, ce peut être le signe d'une pathologie».

NON - Alain Neuenschwander: «On préfère certains traits de caractère chez son enfant. Lorsqu'il y a un favori et que le reste de la fratrie est un peu délaissée, si on affirme l'aimer, cela est certainement caractéristique d'un possible dysfonctionnement».

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