Politique française – Première démission au gouvernement Valls II

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Politique françaisePremière démission au gouvernement Valls II

Une semaine après la prise de fonction du gouvernement Valls II en France, le secrétaire d'État au Commerce extérieur a jeté l'éponge.

Valls a dès ce jeudi un secrétaire d'État.

Valls a dès ce jeudi un secrétaire d'État.

AFP

François Hollande a mis fin jeudi aux fonctions du secrétaire d'État au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, «à sa demande» et «pour des raisons personnelles», et a annoncé son remplacement par le député PS Matthias Fekl, selon un communiqué de l'Elysée.
Le député du Lot-et-Garonne Matthias Fekl, 36 ans, «est nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger», exactement les mêmes attributions que M. Thévenoud, 40 ans.

La démission de Thomas Thévenoud est liée à «des problèmes de conformité avec les impôts», a-t-on appris jeudi de source gouvernementale. «Dans le cadre des nouvelles normes mise en place par le gouvernement dans le cadre de la transparence de la vie politique», a-t-on ajouté, en précisant qu'il ne s'agissait «en aucun cas d'une démission pour un motif de désaccord politique». De son côté, Matignon a précisé que cette démission surprise était due à «une situation découverte après sa nomination», il y a neuf jours. Manuel Valls «a considéré que, suite à une situation découverte après sa nomination, M. Thévenoud ne pouvait poursuivre sa fonction. Le Premier ministre et M. Thévenoud ont convenu que ce dernier devait remettre sa démission», a déclaré le cabinet du chef du gouvernement Manuel Valls à l'AFP. Matignon a refusé d'en dire davantage, indiquant que M. Thévenoud aurait «l'occasion de préciser les motifs de sa démission».

Le nouveau, un pur produit des grandes écoles

Thomas Thévenoud, est un ancien partisan de Dominique Strauss-Kahn, devenu un fidèle de François Hollande. Né à Francfort d'un père allemand et d'une mère française, il a grandi à Berlin avant de rejoindre Paris pour ses études, et a conservé la double nationalité française et allemande. Le jeune député élu en 2012 est sorti de l'ombre il y a un an avec l'affaire Cahuzac, l'ex-ministre du Budget étant à l'époque lui-même élu du Lot-et-Garonne. Le premier secrétaire fédéral (depuis novembre 2012) avait dû gérer localement sa succession compliquée. Ce pur produit des grandes écoles françaises (Normale sup, Sciences Po et ENA), qui a exercé comme magistrat administratif entre 2005 et 2010, maîtrise les rouages politiques: il a été entre 2010 et 2011 directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, alors président du groupe PS au Sénat, puis son conseiller à la présidence de la Haute assemblée jusqu'en 2012. Membre du Parti socialiste depuis 2001, Matthias Fekl a aussi soigné son ancrage local: un temps maître de conférences à Sciences Po Bordeaux, il s'implante sur une terre proche, devenant adjoint au maire de Marmande de 2008 à 2012. Il est resté conseiller régional d'Aquitaine.

Au Parti socialiste, il est secrétaire national aux institutions, à la réforme et à la modernisation de l'État. A l'Assemblée, il est membre de la commission des Lois, mais s'y implique peu. Spécialiste des sujets d'immigration, il a été l'auteur en mai 2013 d'un rapport au Premier ministre, qui préconisait notamment de généraliser les titres de séjour de quatre ans pour faciliter la vie des étrangers et désengorger les préfectures. Son engagement dans le think tank «A gauche en Europe» à partir de 2003 l'avait rapproché de Dominique Strauss-Kahn et Pierre Moscovici. Avec Olivier Ferrand et sa fondation Terra Nova, il avançait dès 2008 l'idée de primaires socialistes. Initialement pro-DSK, il avait choisi de soutenir François Hollande dans sa candidature à la primaire. Signe qu'il est resté proche de celui-ci devenu président, Matthias Fekl l'a accompagné lors de sa visite d'État aux États-Unis en février dernier.

(L'essentiel/ afp)

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