«Prendre le bus de substitution, ce n’était plus tenable»

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Au Luxembourg«Prendre le bus de substitution, ce n’était plus tenable»

Ettelbruck – Une usagère des bus de substitution entre Clervaux et Ettelbruck dénonce une situation chaotique.

par
Jean-François Colin

Vincent Lescaut/L'essentiel

La mauvaise nouvelle est tombée mardi de la bouche du ministre de la Mobilité, François Bausch: le tunnel Schieburg, fermé au trafic ferroviaire depuis le 27 août suite à un éboulement, le restera jusqu’au 17 avril 2023. La galère se poursuivra donc au-delà de l’hiver pour les usagers de la ligne 10, forcés de se rabattre sur une solution de substitution, entre bus des CFL et voiture personnelle.

Car si les CFL ont mis en place dès le 12 septembre, et encore renforcé le 3 octobre des lignes de bus de substitution entre Ettelbruck et Clervaux ou Troisvierges, et entre Clervaux et Kautenbach, tout n’est pas aussi simple, au point que «j’ai cessé début novembre d’emprunter ces bus pour privilégier ma voiture», déplore Tina, infirmière en hôpital à Ettelbruck et domiciliée à Eselborn, près de Clervaux.

«Ce n’était plus tenable, lâche-t-elle. Au matin, en pleine heure de pointe, le bus est bondé. Des agents de sécurité doivent intervenir afin de ne pas laisser rentrer des gens qui seraient obligés de rester debout durant le voyage». Et l’infirmière de pointer tout particulièrement la population scolaire : «le gros souci, ce sont les élèves. Ils doivent être à l’école pour 8 heures et prennent tous les transports en même temps. Je pense qu’ils auraient dû songer à diviser les bus entre les élèves et les autres usagers, en fonction de la répartition géographique des différents lycées».

«Je sens que ça va être la cata»

Le taux de fréquentation n’est pas la seule tare pointée par l’habitante d’Eselborn. «À l’heure de pointe toujours, la N7 est complètement congestionnée. Et les bus se retrouvent coincés dans le trafic. Tout est souvent déjà bloqué entre Marnach et Hosingen, entre 6h30 et 8h30. C’est vraiment chaud pour arriver à temps au boulot». Là où l’infirmière met environ 45 minutes à effectuer le trajet en voiture, il n’est pas rare qu’en bus, il lui prenait entre 1 et 2 heures. «Et encore, j’ai la chance d’habiter à 5 minutes à pied de la gare de Clervaux, et pas un petit village isolé de l’Oesling», renchérit-elle.

Du côté des CFL, les temps de trajet indiqués sont de 42 minutes entre Clervaux et Ettelbruck et de 34 minutes entre Kautenbach et Clervaux. Avec une fréquence d’un bus toutes les heures. Et, ajoute Tina, «ces retards ne sont pas sans conséquence sur les correspondances, qui sont parfois ratées en gare d’Ettelbruck. Pourquoi, s’interroge l’infirmière, faire traverser tout Ettelbruck aux bus, alors qu’il y aurait déjà moyen de rejoindre directement la gare en évitant de passer par le centre-ville, très souvent bouché? Le gain serait peut-être de 5-10 minutes, mais ce serait déjà ça…».

Et l’hiver qui pointe à nos portes n’éveille guère plus d’optimisme chez Tina. «Je ne sais pas si je vais reprendre le bus, pour plus de confort. Je connais la situation de la N7 en hiver, quand il y a de la neige, avec des camions en difficulté qui obstruent la chaussée, etc. Je sens que ça va être la cata avec les bus qui viendront se mélanger au chaos habituel».

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