Laurent Mosar – «Président de la Chambre? Un job qui me convient»

Publié

Laurent Mosar«Président de la Chambre? Un job qui me convient»

LUXEMBOURG - Deuxième rentrée parlementaire pour Laurent Mosar (CSV). Une présidence de la Chambre qu'il apprécie visiblement.

L'essentiel: Comment vous sentez-vous après un an de présidence de la Chambre des députés?

Laurent Mosar: À l'aise dans le costume! À 52 ans, je prouve que ce poste n'ait pas un job pour politicien en fin de carrière. Cette tâche m'a appris la réserve, Le plus difficile, c'est ce silence; même s'il ne signifie pas que je n'ai pas d'opinion sur les sujets d'actualité politique, mais je me garde d'intervenir de façon partisane dans la discussion.

Qu'avez-vous apporté à la fonction?

Une présence plus marquée sur le terrain. Je me suis beaucoup déplacé, dans les institutions sociales, les entreprises, un lycée, au Parlement des jeunes. Il me semble indispensable qu'un politicien soit au plus près des concitoyens. En ces temps de crise, on doit écouter, parler et rassurer le pays. Et montrer que la politique essaie de s'adapter aux évolutions de notre société, mais qu'elle continue de protéger les acquis sociaux.

Alors, dernièrement vous avez entendu la rue qui se plaignait des choix gouvernementaux?

Oui , syndicats et patronat défilant sous mes fenêtres, cela aurait été difficile d'être sourd à leurs protestations (sourire). Ces démonstrations n'ont rien d'anormal, ou d'inquiétant. Elles seraient même plutôt le signe que la démocratie et le droit d'expression fonctionne encore au Grand-Duché.

Cependant, en tant que politique, il faut toujours tendre vers l'intérêt général et ne pas se laisser guider par la seule expression des intérêts particuliers. Là, le ministre des Finances, Luc Frieden, a déposé la proposition de budget 2011 et je crois qu'il a visé juste. L'État luxembourgeois ne se trouve pas encore en situation financière délicate; le gouvernement a donc pu maintenir une politique sociale acceptable.
Acceptable car elle permet d'assurer la paix sociale, appréciable autant à l'intérieur du Grand-Duché qu'aux yeux des investisseurs étrangers.

Quels seront les temps forts de l'année parlementaire?

D'abord, le vote du budget d'ici la fin de l'année. Mais j'ai hâte d'arriver au débat sur les nouvelles lois sur le mariage homosexuel, la réforme du divorce, l'adoption ou la double nationalité. Elles sont la preuve que notre Chambre des députés s'adapte.

Comment envisagez-vous votre avenir?

J'ai l'avantage d'avoir trois «métiers». Le premier: Président de la Chambre des députés, je le suis normalement jusqu'en 2014. Et, promis, je ne ferai pas plus de dix ans à cette place. Deux mandats, c'est suffisant autant pour l'homme que l'institution. Le second: papa, de deux fils de 10 et 12 ans, me passionnera toujours. Le
troisième: avocat, je le retrouverai avec plus de temps et de plaisir qu'actuellement, une fois «libéré» de la présidence.

Recueilli par Patrick Jacquemot

Ton opinion