Politique au Luxembourg – Pression accrue pour un vote sur la Constitution
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Politique au LuxembourgPression accrue pour un vote sur la Constitution

LUXEMBOURG – Deux options sont lancées par des citoyens et des députés pour que les modifications de la Constitution passent par un vote populaire.

La perspective d'un vote fait débat dans la classe politique.

La perspective d'un vote fait débat dans la classe politique.

Editpress

Les débats autour de la révision de la Constitution, vifs depuis la semaine dernière, ont pris un nouveau tournant mardi avec la mise en place d’un comité d’initiative, qui a déposé une demande de référendum au Premier ministre Xavier Bettel. Si la procédure est validée, 25 000 citoyens luxembourgeois inscrits sur les listes électorales doivent la signer en deux mois pour que le référendum soit organisé. «Il s’agit d’une option prévue par la loi», affirme une source gouvernementale pour tout commentaire.

«Il s’agit d’une initiative citoyenne que nous saluons», note Sven Clement (Pirates). Le député estime cependant que cette procédure est «lourde et fastidieuse, car les citoyens doivent se rendre en personne dans leur commune de résidence pendant les heures d’ouverture». La révision comptant quatre chapitres, la procédure devrait être répétée quatre fois. Il privilégie l’option de la pétition sur le site de la Chambre des députés, qui avait recueilli plus de 14 600 signatures mardi. Or, les députés CSV accepteront de signer une motion exigeant un référendum si le texte recueille 25 000 paraphes. La motion, déjà signée par le reste de l’opposition, soit huit députés, doit recueillir le soutien de plus d’un quart des députés (soit 16) pour être contraignante. Les 21 députés CSV permettront d’atteindre ce quorum.

«Les gens ne se sentent plus compris»

«Le gouvernement doit céder. À quoi jouent-ils?», se demande Fernand Kartheiser (ADR). Il assure ne pas être derrière «l’initiative populaire qui a créé le comité». Mars Di Bartolomeo (LSAP), président de la commission Institutions, «respecte la création du comité» et assure qu’il «continuera à tout faire pour que la Constitution reflète davantage la société d’aujourd’hui». Le député s’interroge sur «les revirements du CSV», rappelant que «le vote faisait consensus jusqu’à ce que les membres du CSV n’en veuillent plus en 2019. Il est difficile pour eux de se faire passer pour les champions du référendum».

Michel Wolter (CSV) répond que la majorité fait «de la politique politicienne». «Depuis quelques mois, des changements sont en train de s’opérer, les gens ne se sentent plus compris», dit-il pour justifier le changement de pied. «Si un certain nombre de personnes veulent le vote, nous leur en donnerons la possibilité», lance-t-il en insistant sur le fait que sa formation soutiendrait la révision. Certains députés CSV voteront-ils pour le référendum même si la pétition compte moins de 25 000 signatures? «Ce n’est pas la question d’aujourd’hui», balaye-t-il.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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