Quand le web vient au secours de l'opposition iranienne
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Quand le web vient au secours de l'opposition iranienne

Alors que les journalistes étrangers ne peuvent plus couvrir l’actualité dans le pays, la communauté internationale peut suivre l’évolution de la situation via Internet.

Sur la page Twitter mousavi1388, les partisans de Mir Hossein Moussavi informent l'opinion internationale et le peuple iranien sur la situation dans le pays.

Sur la page Twitter mousavi1388, les partisans de Mir Hossein Moussavi informent l'opinion internationale et le peuple iranien sur la situation dans le pays.

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Le correspondant de la BBC prié de quitter l’Iran sous 24h, un journaliste canadien arrêté: l’étau se resserre autour de la liberté d’expression au pays des Mollahs. L’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) se dit inquiète. «Nous protestons depuis le début des émeutes. 33 journalistes et cyberdissidents ont été arrêtés et sont derrière les barreaux», précise Thérèse Obrecht, secrétaire générale de RSF.

«La République islamique d’Iran occupe désormais, avec la Chine, le rang de première prison du monde pour les journalistes», dénonce RSF. Les journalistes ne pouvant plus exercer leur métier, les citoyens iraniens ont pris le relais. Internet est devenu un canal d’informations privilégié. Depuis le début des émeutes, les internautes du monde entier se sont ainsi mobilisés pour aider les cyber-citoyens iraniens à communiquer. «Sans téléphone mobile et internet, nous aurions encore moins d’informations», observe Thérèse Obrecht.

Twitter: le site de microblogging a ainsi reporté une opération de maintenance pour garantir la liberté d’expression en Iran. La demande émanait des autorités américaines, a confirmé la semaine dernière un responsable du département d’État américain souhaitant garder l'anonymat, informe le site du Point.fr. Les opposants utilisent cette plateforme pour se coordonner et dénoncer la répression en cours. Les proches du candidat Mir Hossein Mousavi utilisent leur page sur Twitter nommée mousavi1358 pour relayer des informations. On y apprend que le site GhalamNews, qui donne les informations officielles autour de Mousavi, a été hacké. «Please, wait fort further information» («SVP, attendez pour plus d’informations»), prévient une note postée dimanche. Cette page Twitter est suivie par plus de 24 000 suiveurs.

Facebook: selon plusieurs informations, le gouvernement a «filtré Facebook». Les pro-Mousavi alimentent la page liée au candidat à la présidentielle. Lundi, l’adversaire de Mahmoud Ahmadinejad comptait près de 88 000 supporters. La page est bilingue – farsi et anglais – Elle comprend des photos, des vidéos et des liens, notamment vers la vidéo de la mort de la jeune Neda.

YouTube: en permettant la diffusion de vidéos tournées dans la rue par des citoyens, le site de partage de vidéo de Google est devenu une sorte de chaîne d’informations sur l’actualité en Iran. Sur le site, il y a une fréquente mise à jour du contenu vidéo mis en ligne. Pour déjouer la censure et ne pas se faire démasquer par le régime en place, les internautes utilisent des adresses de serveurs relais «proxy» pour masquer l’adresse IP de leurs ordinateurs, explique Lepoint.fr sur son site Internet.

lessentiel.lu avec Didier Bender/20Minutes.?ch

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