Bande dessinée – Quatre femmes marquées par l’exil d’Espagne
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Bande dessinéeQuatre femmes marquées par l’exil d’Espagne

L’adaptation d’un roman d’Olivia Ruiz «La commode aux tiroirs de couleur» plonge le lecteur dans les blessures de l’exil des républicains espagnols.

L'album montre que les Espagnols n'ont pas toujours été bien accueillis à leur arrivée en France.

L'album montre que les Espagnols n'ont pas toujours été bien accueillis à leur arrivée en France.

Grand Angle

L’histoire et les blessures des républicains espagnols contraints à l’exil restent méconnues. C’est de ce constat qu’est né le roman d’Olivia Ruiz «La commode aux tiroirs de couleur», désormais adapté en BD par Véronique Grisseau, Amélie Causse et Winoc. Le récit poignant présente le destin de quatre femmes marquées par le déracinement. Rita, le personnage principal, a fui l’Espagne dans les années 1930 lorsqu’elle était enfant, pour se retrouver à Narbonne.

Dans une ville et un pays inconnus, elle et ses sœurs orphelines affrontent le regard des autres et la violence de certains rapports humains. Elles «ont l’Espagne au fond de leur âme», décrit Olivia Ruiz dans une présentation de l’éditeur. Rebelle, Rita cherche à masquer ses origines espagnoles à l’adolescence en changeant de prénom et se fait appeler Joséphine. Mais elles remontent vite à la surface, comme lorsqu’elle vit une histoire d’amour avec Rafael, un autre exilé militant républicain. Un nouveau drame se noue alors.

Les événements dramatiques émaillent le récit de quatre femmes, Rita et ses descendantes successives. Même celles qui ne sont pas nées en Espagne sont marquées par ce pays et par le conflit des années 1930. Loin des canons et des bombardements, «La commode aux tiroirs de couleur» présente la guerre à travers les destins des personnes qui en ont subi les conséquences. Le destin de Rita rappelle celui de nombreuses familles concernées. «J’ai voulu rendre hommage à ces exilés un peu oubliés», lance Olivia Ruiz.

• «La commode aux tiroirs de couleur». Véronique Grisseaux, Amélie Causse et Winoc, d’après Olivia Ruiz ; Grand Angle, 17,90 euros.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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