Etude Magrip – Que sont devenus les élèves de 1968?

Publié

Étude MagripQue sont devenus les élèves de 1968?

LUXEMBOURG - Les résultats de l'étude Magrip, qui porte sur plus de 2 800 élèves entre 1968 et 2008, apportent un éclairage sur l'évolution professionnelle des élèves du Grand-Duché.

Selon les conclusions de l'étude Magrip, le système éducatif luxembourgeois ne prend pas assez en compte les capacités individuelles des élèves.

Selon les conclusions de l'étude Magrip, le système éducatif luxembourgeois ne prend pas assez en compte les capacités individuelles des élèves.

Editpress

Mieux prendre en compte le potentiel intellectuel des élèves plutôt que leur milieu d'origine dans le cadre de leurs études, améliorer le parcours professionnel des femmes ou bien encore améliorer l'orientation des élèves en fonction de leurs capacités. Voici quelques-unes des conclusions de l'étude réalisée par des chercheurs de l'Uni, en collaboration avec le CEPS/INSTEAD, et publiée mardi. Des conclusions basées sur les réponses de 2 824 élèves en 1968 et 738 élèves en 2008. Une première de ce genre au Luxembourg.

Les élèves de 1968, alors âgés de 12 ans, ont dû répondre à des questions en lien avec leur aspiration professionnelle. Plusieurs centaines d'entre eux ont accepté, quarante ans plus tard, de répondre à des questions sur leur carrière. Et les conclusions démontrent scientifiquement certaines disparités déjà connues, notamment en lien avec les origines socioéconomiques des élèves.

Ouvriers plus satisfaits de leur situation familiale que les focntionnaires

Ainsi, les élèves issus d'un milieu ouvrier ont, proportionnellement, arrêté plus tôt leurs études que leurs camarades issus de milieux plus aisés. Une décision justifiée par l'étude à la fois par les éventuels manques de moyens financiers, mais aussi par un intérêt moins marqué par les parents à pousser leur progéniture à poursuivre. La proportion est inverse pour les élèves, désormais quinquagénaires, issus de milieux favorisés.

Autre conclusion: les élèves intelligents, à savoir ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats aux tests cognitifs du questionnaire de 1968, sont en meilleure santé et ont une espérance de vie plus grande. L'étude confirme également que le type de profession influence largement le statut et le prestige social des gens au Grand-Duché. Mais les ouvriers sont plus contents avec leur situation familiale que les fonctionnaires.

Étude qui sera poursuivie

Enfin, l'écart salarial entre hommes et femmes est clairement démontré, puisque l'étude démontre que les anciennes élèves de 1968 gagnent en moyenne 2 400 euros, contre 4 400 euros pour leurs homologues masculins. Une différence de carrière professionnelle qui n'empêche pas ces quinquagénaires d'assurer qu'ils ont une vie professionnelle satisfaisante.

À noter que cette étude Magrip (NDLR: MAtière GRise Perdue) se poursuivra dans les années à venir, afin de poursuivre «la compréhension des interactions entre les caractéristiques familiales, les capacités mentales au cours de l'enfance et le système éducatif», selon les responsables de l'étude. En clair, tenter d'influer sur le système éducatif luxembourgeois pour permettre aux individus de mettre en adéquation leur potentiel et leur futur métier.

Jmh/L'essentiel Online avec NW

Ton opinion