Au Luxembourg – Quel avenir pour les cabines téléphoniques?

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Au LuxembourgQuel avenir pour les cabines téléphoniques?

LUXEMBOURG - Alors que la Wallonie a dit adieu à sa toute dernière cabine, le Luxembourg en compte toujours plusieurs centaines, mais leur nombre est en diminution.

Vendredi à Mons, la toute dernière cabine téléphonique de Wallonie a été arrachée du bitume pour être démontée. En 2013, le législateur belge avait décidé de supprimer l'obligation pour les communes de disposer d'un service téléphonique public. Il faut dire que les belges n'étaient plus très attirés par les coups de fil en pleine rue. L'année dernière, la moyenne d'utilisation par cabine s'élevait à 15 minutes.

Au Luxembourg, les cabines ne sont pas près de disparaître du paysage urbain. Mais leur nombre et leur utilisation est tout de même en baisse. En 2014, les cabines publiques étaient utilisées en moyenne 5,6 heures par mois, soit environ une heure de moins qu'en 2013. De plus, en un an, le Luxembourg a perdu 25 cabines. Dans certains cas, «il y a eu un aménagement du territoire et les cabines dérangeaient», explique Carmen Engels, de POST Luxembourg.

En baisse en France et en Allemagne

Dans d'autres, «on a remarqué qu'il n'y avait pas de trafic pendant une durée plus ou moins longue». Enfin, des cabines qui nécessitaient des frais pour être réparées ont aussi été enlevées plutôt que réparées, ajoute Carmen Engels. Aujourd'hui, on en recense ainsi 596, toutes gérées par POST Luxembourg. 371 sont des cabines publiques (2 de moins que l'an dernier) et 225 sont privées, installées dans les hôtels, restaurants ou cafés. (-23 par rapport à 2013).

Dans les pays voisins, la survie des cabines est aussi menacée. En France, les 40 000 cabines restantes seront démontées d'ici 2017, suite à un amendement adopté fin avril. Selon les chiffres du ministère de l'Économie français, leur utilisation a baissé de 40% par an et s'élève aujourd'hui à moins d'une minute par jour et par cabine. C'est 100 fois moins qu'il y a 15 ans.

En Allemagne, Deutsche Telekom (qui doit également assurer «un approvisionnement de base») avait décidé l'année dernière de démonter les cabines qui ont réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 50 euros. Leur nombre fond ainsi à vue d’œil. Alors que le pays en comptait 110 000 en 2006, il n'y en avait plus que 36 000 en 2014.

(Juliette Devaux/L'essentiel)

Deuxième vie

En Belgique, 30 cabines vont être préservées. Elles ont été attribuées à des musées, des ASBL ou encore le festival Pukkelpop, qui vont s'en servir pour des projets culturels ou artistiques. En Allemagne, certaines ont déjà été transformées. Dans plusieurs villes, les cabines ont été converties en minibibliothèques, mettant à disposition des passants des dizaines de livres. À Londres, la première «Solarbox» a été inaugurée fin 2014. Ces cabines vertes sont destinées à recharger son téléphone portable, grâce à des panneaux solaires installés sur la cabine. À New-York, la ville a recyclé plus de 12 000 cabines en bornes wi-fi.

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