Etats-Unis: Qui sont ces républicains qui ont très envie de battre Trump?

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États-UnisQui sont ces républicains qui ont très envie de battre Trump?

Après l'annonce de Donald Trump de se représenter à l’élection présidentielle américaine de 2024, ses anciens amis commencent à dévoiler leurs propres ambitions.

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Ron DeSantis 
À seulement 44 ans, le gouverneur de Floride est l'étoile montante de la droite dure. En 2018, il avait été élu de justesse à la tête de cet État du sud des États-Unis après avoir été soutenu par Donald Trump, dont il partage les idées mais pas les outrances. Depuis, il a pris ses distances et gagné en popularité.

Ron DeSantis

À seulement 44 ans, le gouverneur de Floride est l'étoile montante de la droite dure. En 2018, il avait été élu de justesse à la tête de cet État du sud des États-Unis après avoir été soutenu par Donald Trump, dont il partage les idées mais pas les outrances. Depuis, il a pris ses distances et gagné en popularité.

AFP
Mike Pence 
Après des années de loyauté indéfectible à Donald Trump, son ancien vice-président a changé de ton après l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Mike Pence a jugé que les mots du président, ce jour-là, étaient «irresponsables» et l'avaient «mis en danger».

Mike Pence

Après des années de loyauté indéfectible à Donald Trump, son ancien vice-président a changé de ton après l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Mike Pence a jugé que les mots du président, ce jour-là, étaient «irresponsables» et l'avaient «mis en danger».

AFP
Glenn Youngkin 
Cet homme d'affaires de 55 ans a réussi à arracher aux démocrates le poste de gouverneur de Virginie en 2021 et mène depuis une politique de droite classique (baisse des impôts, fonds supplémentaires pour la police) combinée à des mesures polémiques sur les personnes transgenres ou les programmes de lutte contre le racisme à l'école.

Glenn Youngkin

Cet homme d'affaires de 55 ans a réussi à arracher aux démocrates le poste de gouverneur de Virginie en 2021 et mène depuis une politique de droite classique (baisse des impôts, fonds supplémentaires pour la police) combinée à des mesures polémiques sur les personnes transgenres ou les programmes de lutte contre le racisme à l'école.

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Pour la «grande annonce» de sa nouvelle candidature présidentielle, Donald Trump avait soigné le décor: une rangée d’immenses drapeaux américains, une vaste salle à colonnes, des militants chauffés à blanc sur des chaises dorées. C’est pourtant tout autre chose qui a été remarqué: les absents.

Pas de cadre du parti républicain, d’élu influent ni de sénateur… Après les piètres performances des candidats du milliardaire aux élections de mi-mandat, quasiment aucune personnalité de la droite américaine n’a fait le déplacement jusqu’au luxueux club de Mar-a-Lago, mardi soir.

«Trump leur a coûté trois élections (en 2018, 2020 et 2022) et ils préféreraient ne pas le laisser en gâcher une quatrième, en 2024», estime Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l’université de Virginie.

Pence et Pompeo dégainent

Trois anciens membres de l’administration Trump – son vice-président Mike Pence, son secrétaire d’État Mike Pompeo et l’un de ses ministres de la Défense, Mark Esper – ont clairement indiqué mercredi qu’il était temps de tourner la page. «Je pense que le temps est venu dans ce pays pour un nouveau leadership qui nous rassemblera autour de nos plus puissants idéaux», a commenté Mike Pence, lors d’une réunion publique organisée par la chaîne CNN. Tout en refusant d’écarter tout soutien à l’ancien président s’il devait remporter l’investiture républicaine, Mike Pence a relevé que le processus des primaires allait sans doute offrir des alternatives: «Je pense honnêtement que nous allons avoir de meilleures options».

Mike Pompeo, candidat potentiel comme Mike Pence pour 2024, a tweeté: «Nous avons besoin de davantage de sérieux, de moins de bruit, et de dirigeants qui regardent vers l’avenir et pas dans le rétroviseur en se faisant passer pour des victimes».

Et Mark Esper n’a pas mâché ses mots sur CNN: «Je pense qu’il est inapte pour un mandat», a-t-il dit. «Ses actes ne sont que pour lui, pas pour le pays» et «je ne pense pas que ce soit une personne honnête».

Mardi, la foule regorgeait de personnages hauts en couleur, qui gravitent autour de Donald Trump, depuis sa défaite à la présidentielle de 2020. Le patron d’une entreprise d’oreillers qui nie fermement la réalité de l’élection de Joe Biden, un allié sulfureux de Donald Trump connu pour son tatouage de Richard Nixon dans le dos…

Signe que l’étoile du milliardaire, qui avait ces derniers mois regagné son emprise sur le parti républicain, a pâli, «le manque d’enthousiasme pour la troisième campagne présidentielle de Trump se fait sentir même au sein de sa famille proche», remarque le politologue.

Ni son fils Don Jr., ni sa fille adorée Ivanka – une de ses plus proches conseillères à la Maison-Blanche durant son mandat – n’ont participé à cette annonce en grande pompe. Quelques minutes après l’officialisation de la candidature de son père, Ivanka Trump s’est même fendue d’un communiqué. «J’aime beaucoup mon père», a-t-elle déclaré. «Mais cette fois-ci (…) je ne prévois pas de m’impliquer en politique».

Couverture médiatique faible

L’entrée dans la course à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui ne suscitait plus aucun doute, a été couverte a minima par certains médias conservateurs. Fox News, l’une des chaînes les plus regardées des États-Unis et qui consacrait jusqu’à peu des heures d’antenne à Donald Trump, a choisi de le couper en plein discours.

Le New York Post, quotidien qui a une place prépondérante chez les conservateurs américains, a lui quasiment snobé l’annonce de Donald Trump. «À 720 jours de la prochaine élection, un retraité de Floride a annoncé par surprise sa candidature à l’élection présidentielle», a écrit, de façon ironique, le quotidien, à sa 26e page.

Les deux médias, propriétés du groupe de médias conservateurs de la famille Murdoch, ont choisi de braquer leurs projecteurs vers un autre résident de Floride, le gouverneur Ron DeSantis. Le quadragénaire, nouvelle star de la droite dure et susceptible de défier Donald Trump pour l’investiture républicaine, était lui aussi logiquement absent mardi soir.

Autre signe a priori inquiétant pour l’ancien président, plusieurs méga-donateurs du parti républicain ont fait connaître leur intention de ne plus financer quelqu’un qu’ils considèrent comme moins susceptible d’apporter une victoire à la droite.

Candidat-rebelle

Mais n’enterrez pas Donald Trump trop vite, avertissent ses alliés. La plupart des sondages donnent encore l’ancien président, très à l’aise avec les foules, gagnant d’une primaire républicaine et une marée de casquettes rouges continue d’affluer à ses meetings. «Le noyau dur de la base qui a soutenu Trump pendant six ans lui restera en grande partie fidèle», prédit Larry Sabato.

Arrivé au pouvoir en novembre 2016 dans un scénario politique inédit qu’aucun ou presque n’avait prédit, Donald Trump pourrait d’ailleurs être tenté de jouer de cette position de candidat-rebelle, si les défections dans ses rangs venaient à se poursuivre.

Le milliardaire new-yorkais n’a d’ailleurs pas manqué mardi de rejouer sa partition bien connue d’un leader proche des Américains – majoritairement blancs, plutôt âgés – pas comme ces «élites» de Washington, qu’il se plaît à moquer. «Ce sera notre campagne à tous», a-t-il promis à ses partisans, mardi soir. «La seule force assez forte pour vaincre la corruption massive à laquelle nous sommes confrontés, c’est vous, le peuple américain», a-t-il assuré.

(AFP)

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