Affaire Ghosn – Rachida Dati échappe à une mise en examen

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Affaire GhosnRachida Dati échappe à une mise en examen

L’ancienne garde des Sceaux a été placée vendredi sous le statut plus favorable de témoin assisté, évitant ainsi une mise en examen pour corruption et trafic d’influence.

Selon une source proche du dossier, Rashida Dati, qui nie toute irrégularité, aurait touché 900 000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012, alors qu’elle était à l’époque aussi députée européenne.

Selon une source proche du dossier, Rashida Dati, qui nie toute irrégularité, aurait touché 900 000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012, alors qu’elle était à l’époque aussi députée européenne.

Hans Lucas via AFP

Menacée d’une mise en examen pour corruption et trafic d’influence notamment, Rachida Dati a finalement été placée vendredi sous le statut plus favorable de témoin assisté. Cela intervient dans l’enquête sur ses prestations de conseil auprès de l’ex-magnat de l’automobile Carlos Ghosn.

Les juges d’instruction avaient convoqué jeudi l’ancienne garde des Sceaux en vue d’une mise en examen pour «corruption passive» et «trafic d’influence passif de personne chargée d’un mandat électif public dans une organisation internationale» ainsi que pour «recel d’abus de pouvoir», selon le parquet national financier (PNF).

Dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme d’un interrogatoire de seize heures, la maire LR du VIIe arrondissement de Paris a finalement été placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre ceux de simple témoin et de mis en examen.

«C'est un premier pas»

«Rachida Dati a été placée sous le statut de témoin assisté car elle a démontré auprès des juges d’instruction qu’elle avait travaillé comme avocate entre 2009 et 2012 pour l’alliance Renault-Nissan», a expliqué Me Olivier Pardo, qui la défend avec Mes Olivier Baratelli et Francis Teitgen.

«C’est un premier pas», a de son côté déclaré Me Jean-Paul Baduel, avocat d’une actionnaire de Renault, qui avait porté plainte le 17 avril 2019 et poussé le PNF à ouvrir une enquête. Celle-ci portait sur des contrats noués par RNBV, la filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan, lorsque Carlos Ghosn était encore PDG du groupe automobile.

«Soupçons»

Cette plainte visait Rachida Dati, mais aussi le criminologue Alain Bauer, Carlos Ghosn et son épouse. À l’époque, Me Baduel avait fait état de «soupçons» sur «l’usage inconsidéré des fonds de Renault» par son ex-patron via cette filiale. L’été suivant, la suite des investigations avaient été confiées à trois juges d’instruction du pôle financier de Paris.

Selon une source proche du dossier, Rashida Dati, qui nie toute irrégularité, aurait touché 900 000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012, alors qu’elle était à l’époque aussi députée européenne. Alain Bauer aurait quant à lui touché un million d'euros entre 2012 et 2016 pour des activités de consultant en sécurité, via sa société AB Conseil.

Selon Le Monde, qui avait publié un article en septembre dernier, les juges soupçonnent un «emploi de complaisance» de Rashida Dati. «Les policiers n’ont pas vraiment trouvé de trace concrète de son activité pour Renault, si ce n’est quelques actions s’apparentant à du lobbying, par ailleurs rigoureusement proscrites pour un député européen», écrivait le quotidien.

(L'essentiel/afp)

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