«L'essentiel Radio» – Réécoutez la «Story» de António Gamito
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«L'essentiel Radio»Réécoutez la «Story» de António Gamito

LUXEMBOURG - L'ambassadeur du Portugal au Grand-Duché António Gamito nous livre son impression sur son équipe nationale en ce début d'Euro-2020.

Ambassadeur du Portugal au Luxembourg, António Gamito est l'invité de  «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

Ambassadeur du Portugal au Luxembourg, António Gamito est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

© Cour grand-ducale / tous droits réservés

L’ambassadeur du Portugal au Luxembourg, António Gamito était l’invité de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. Depuis janvier 2021, le Portugal assure d’ailleurs la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Quelles sont les priorités? «On a fait une chose importante», reconnaît-il, «c’est le programme de récupération économique et sociale. Il est maintenant prêt, car les Allemands ont convaincu les états-membres de voter oui pour l’emprunt d’une somme énorme. On a fait tout le chemin bureaucratique, procédural pour faire avancer les choses et permettre à l’argent de rentrer dans l’économie et pour les personnes. À la fin du mois de juin, ce sera complètement réglé».

Numéro 2 de l’ambassade du Portugal aux États-Unis de 2004 à 2009, l’actuel ambassadeur du Portugal au Luxembourg donne sa vision de la politique américaine. «Je peux vous dire une chose très simple», reprend au bond António Gamito. «J’ai connu Donald Trump de manière privée lorsque j’étais à New-York lors de fêtes organisées à cette époque-là. Et j’ai connu Joe Biden comme vice-président de Barak Obama. Il y a d' énormes différences entre les deux, c’est évident. Mais quand on arrive à ce qui est vraiment important pour l’Amérique, avec le principe «America First», il n’y a pas beaucoup de différences entre les Démocrates et les Républicains. C’est une chose de travailler avec Donald Trump, c’en est une autre de travailler avec Joe Biden. Le ton a changé, mais les intérêts sont là. Et il faut travailler dans le sens d’une coopération transatlantique.

Champion d’Europe en titre de football, le Portugal va remettre son titre en jeu du 11 juin au 11 juillet 2021. «Je ne donnerais de pronostics qu’après les matches», affirme en rigolant António Gamito. «Avec la Hongrie, la France et l’Allemagne, le Portugal est dans un groupe très difficile. Encore une fois avec la France. On a une belle équipe, mais ce sera très difficile de conserver notre titre, je ne le cache pas».

António Gamito en quelques questions

Ce que j’aime le moins dans la nature humaine?
D’abord, l’ignorance. Après, la jalousie. Si vous mêlez l’ignorance à la jalousie, ça fait d’une personne quelqu’un qui n’ajoute rien dans le travail, dans la famille, ou encore au pays. Je n’aime pas du tout les personnes qui ont de la haine et de la jalousie permanente. Je ne parle pas des gens simples avec peu de culture. Je parle des ignorants qui ne veulent pas voir ce qui se trouve devant eux et qui ne pensent pas au collectif.

La chose dont je ne peux pas me séparer?
C’est mon portable, car il sonne tout le temps.

Réécoutez la séquence du vendredi 11 juin 2021

Quand António Gamito retourne au Portugal, y constate-t-il une différence? Les mentalités ont-elles changé? «Au Portugal, c’est complètement différent», reconnaît l’ambassadeur du pays au Luxembourg. «J’ai 61 ans et j’ai été le témoin de toute cette évolution. Surtout lorsque le Portugal a adhéré à la Communauté européenne. Le Portugal s’est énormément développé et je pense que le Portugal n'est vraiment pas entièrement représenté, ici, au Luxembourg. Il manque du contact et une régénération du mouvement associatif. Il faut amener les jeunes dans ces mouvements, il faut de la jeunesse pour changer les mentalités. Il faut amener du Portugal au Luxembourg, ce que le Portugal a de bien. C'est aussi, un petit peu, mon métier».

En 2007, António Gamito travaillait pour l'ambassade du Portugal à Washington. À ce moment-là, le Portugal avait assuré la présidence tournante de l’Union européenne. Le Portugal avait alors proposé une politique de santé commune à toute l’Union européenne. «La grande majorité de l’UE n’était pas avec nous sur ce sujet», reconnaît António Gamito. «On a perdu du temps, car si en 2007, l’Union européenne avait adopté une politique commune de santé, peut-être que la réponse, aujourd’hui, au Covid, aurait été très différente. Les choses sont comme elles sont et on n’avait pas pensé qu'une telle pandémie pourrait nous rattraper de manière aussi forte en 2020».

António Gamito en quelques questions

Quelle couleur dans une boîte de crayons et pourquoi?
Bleu, peut-être, car j’aime beaucoup la mer. C’est la seule chose qui me manque ici au Luxembourg, car depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été en contact avec la mer. J’ai eu des bateaux, j’aime beaucoup la voile. Quand je rentre au Portugal, c’est la folie avec le bateau. C’est quelque chose d’incroyable, car la mer, c’est quelque chose qui lie les Portugais et que les Portugais aiment énormément. De manière heureuse, mais aussi de manière mélancolique.

Un mot pour me définir? Peut-être la force.

Réécoutez la séquence du jeudi 10 juin 2021

António Gamito est l'ambassadeur du Portugal au Luxembourg et il répond à toutes nos questions dans la séquence “Story” de L’essentiel Radio.

António Gamito en quelques questions

Mon premier job avec un premier salaire?
J’étais avocat et mon premier salaire, c’était une misère. Je ne me souviens pas exactement de ce que j’ai fait avec ce salaire. Peut-être boire ou quelque chose comme ça, avec les amis. C’était un petit salaire, très petit, c’était misérable.

Un souvenir de mes 18 ans?
J’étais très heureux et je n’avais pas les problèmes rencontrés par la jeunesse aujourd’hui. Il y en avait d’autres, mais j’avais l’impression qu’ils étaient moins complexes. Ce que je veux surtout dire, c'est que j’étais complètement libre. Je vivais encore chez mes parents à Estoril, à une vingtaine de kilomètres de Lisbonne, sur la mer.

Le 5 mai dernier, c’était la Journée mondiale de la langue portugaise. «On a fait cet événement pour montrer que la langue portugaise, c’est quelque chose de très important», affirme António Gamito . «Elle est reconnue par les institutions internationales et elle est de plus en plus parlée, ici au Luxembourg et dans le monde entier. Le Grand-Duché est d’ailleurs un pays associé et observateur de la Communauté des pays lusophones. Le Luxembourg a une énorme communauté et une énorme coopération avec certains pays de cette communauté lusophone. Par exemple, les capverdiens. La langue portugaise est la 6e la plus parlée au monde et c’est aussi un atout pour celles et ceux qui veulent travailler dans le monde lusophone».

Entre le Luxembourg et le Portugal, c’est une grande histoire d’amour. «Le Grand-Duc Jean, Antonia de Bragance et Marie-Anne de Portugal, ses deux grand-mères étaient portugaises», rappelle António Gamito. Et la Grande-Duchesse Charlotte, sa mère, s’est réfugiée au Portugal avant de partir à Londres. Le Grand-Duc Jean était un homme formidable et c’était un grand ami des Portugais. Je pense que c’est à cause de lui que le Luxembourg a ouvert ses portes aux Portugais. Ceux-ci voulaient sortir du Portugal pour des raisons économiques et politiques dans les années 60-70-80. Il a accueilli les Portugais ici. C’est quelque chose que j’ai toujours dans ma pensée et j’ai toujours en face de moi un tableau avec le visage du Grand-Duc Jean».

Réécoutez la séquence du mercredi 9 juin 2021

«Ravi d'être ici, avec nous, dans les studios de L'essentiel Radio», António Gamito répond aux questions de Jean-Luc Bertrand. Et il se souvient d'une rencontre avec Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations Unies. «Quand j'étais à New York, on a travaillé avec lui pour négocier, avec l'Indonésie, un référendum qui a donné l'indépendance à une ex-colonnie portugaise. Je parle du Timor oriental, qui se situe entre l'Indonésie et l'Australie. On a travaillé avec succès, et les Timorais ont voté pour leur indépendance. C'est un homme, Kofi Annan, que je n'oublierai jamais».

Lors de la crise du Covid-19, Portugal et Luxembourg se sont mutuellement aidés, comme des pays amis. «J'ai eu la chance de vivre ça», souligne António Gamito. «Quand le Grand-Duché traversait une phase plus critique de la pandémie, je me souviens que Claude Meisch, le ministre de l'Éducation nationale, ne voulait pas stopper l'enseignement au niveau du fondamental et du secondaire. A ce moment-là, il fallait séparer les classes, avec des classes A et des classes B. Il manquait des professeurs et presque 30 professeurs portugais, qui enseignent la langue portugaise dans les établissements scolaires luxembourgeois publics, étaient disponibles. Ils m'ont demandé si ces professeurs de portugais pouvaient assister les professeurs luxembourgeois dans cette division de classe. On a coopéré immédiatement».

«Et bien sûr, lorsque le Portugal s'est retrouvé au pic de la pandémie», se souvient António Gamito, «le Luxembourg, d'une façon formidable, solidaire et symbolique, a envoyé des médecins et des infirmières lusophones au Portugal et ils ont été dirigés au sud de Lisbonne pour nous aider à traiter des malades du Covid. Ils ont fait un travail extraordinaire en nous soutenant. La solidarité, c'est ce qu'il reste entre les deux pays. ».

Réécoutez la séquence du mardi 8 juin 2021

Ambassadeur du Portugal au Luxembourg, António Gamito est l'invité de L'essentiel Radio tout au long de cette semaine. «Après la révolution du 25 avril 1974, je pense qu'il y a eu deux personnages politiques très importants au Portugal», a-t-il d'emblée rappelé à notre micro. «Le premier, c'était Mário Soares (président de la République de mars 1986 à mars 1996), car il a amené la démocratie au Portugal et le Portugal au sein de l'Union européenne. Le deuxième, c'est Marcelo Rebelo de Sousa (président depuis mars 2016), car c'est un phénomène de communication. Il était professeur de droit constitutionnel, il a été député, il a été ministre, il mène une carrière brillante. C'est un grand communicant et pour le moment, il n'y a personne de son calibre au Portugal».

En place au Grand-Duché depuis 18 mois, António Gamito indique qu'il connaît désormais «très bien le pays». «Je connais aussi très bien mes compatriotes portugais et les luso-descendants», précise-t-il encore. «Quand je suis arrivé en 2018 et en 2019, c'était forcément plus facile de les rencontrer qu'à partir de mars 2020, avec la crise du Covid-19. Désormais, c'est au téléphone ou en petit comité ou par Internet. J'aime le contact et j'aime parler aux gens. À cause de la pandémie, je suis privé de ce genre de choses et c'est dommage. J'ai besoin d'avoir des contacts physiques avec les personnes, mais il faut respecter les consignes sanitaires de sécurité des autorités luxembourgeoises».

Ambassadeur du Portugal aux États-Unis sous les présidences de George W. Bush et de Barack Obama, António Gamito est aujourd'hui au Luxembourg «pour développer les relations bilatérales» entre les deux pays, «et pour renforcer l'intégration de la communauté portugaise dans la vie du Luxembourg». «Je pense qu'il y a surtout des différences au sein des communautés les plus fragiles, celles dont le travail est plus difficile et moins bien rémunéré», précise António Gamito. «Mon travail, c'est de faire en sorte que cette intégration soit positive. Il s'agit de ne pas oublier ses origines et donc le Portugal. Conserver ses racines d'origine, quitte à en ajouter d'autres par la suite, est particulièrement enrichissant. Je suis aussi là pour collaborer avec le Luxembourg dans le domaine de l'Union européenne, où nous avons souvent des positions très proches».

Réécoutez la séquence du lundi 7 juin 2021


La playlist de António Gamito

«On ne pouvait pas ne pas avoir Amalia Rodrigues au programme», reconnaît António Gamito. «C’est une icône portugaise et on ne peut pas l’oublier. Elle est toujours là».

En quatrième position dans la playlist d’António Gamito, on retrouve un morceau de Pavarotti. «Je l’ai vu au Metropolitan à New-York et c’était pour un opéra».

Troisième titre à intégrer la playlist d’António Gamito: «Sodade» de Cesaria Evora. «En dehors du Portugal, la plus grande communauté capverdienne au monde, c’est aux Etats-Unis», indique l’ambassadeur du Portugal au Luxembourg. J’ai connu Cesaria Evora qui chantait «Sodade» et d’autres chansons merveilleuses quand j’étais aux États-Unis. J’ai presque tous ses disques et ses CD. Elle est ce qui représente au mieux la lusophonie, au monde. Et c’est pour ça que je l’aime».

«J'aime beaucoup la musique classique», reconnaît António Gamito. «Depuis toujours et c'est un héritage de ma mère. Dans cet extrait, c'est une pianiste portugaise qui joue. Là, c'était Beethoven, mais c'est aussi une spécialiste de Mozart».

«Là, si on ferme les yeux, on y est, au Portugal», confirme António Gamito. «C'est Mariza, la plus grande dame du fado. Je l'ai rencontrée pour la première fois à New-York et par la suite à Washington. Je l'ai aussi vue chanter ici au Luxembourg. Un exemple de la pandémie: on avait prévu un concert local de la présidence de l'Union européenne au Philarmonie avec Mariza et le concert a été annulé à cause de la pandémie. Cela, c'était très mauvais pour moi et pour la communauté portugaise».

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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