Refonte de l’alliance Renault-Nissan: les derniers blocages ont été levés

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Automobile Refonte de l’alliance Renault-Nissan: les derniers blocages ont été levés

Le groupe français, qui a dévoilé en novembre dernier sa future architecture en cinq pôles différents, prévoit de réduire sa part au capital de Nissan à 15% contre 43,7% actuellement.

AFP

Fumée blanche en vue: les derniers points de blocage qui persistaient côté nippon pour permettre la vaste refonte de l’alliance automobile Renault-Nissan ont été levés, a assuré mardi, à l’AFP, une source proche du dossier, prévoyant des annonces fin janvier-début février. Lors d’un conseil d’administration de Nissan lundi, les directeurs indépendants du constructeur japonais ont «donné leur feu vert», selon cette source bien informée au Japon, parlant d’un moment «historique».

Un conseil opérationnel de l’alliance est prévu le 26 janvier, au Japon, pour finaliser les accords et ces derniers devraient être signés «la semaine suivante», selon cette même source. Le dossier Renault-Nissan a été au menu des discussions lundi dernier à Paris entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Fumio Kishida, alors que l’État français possède 15% du constructeur tricolore.

Sur un pied d'égalité

Et un courrier du ministre français de l’Économie Bruno Le Maire à ses homologues du ministère nippon de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) a été déterminant pour achever de rassurer certains administrateurs indépendants de Nissan sur les intentions de Paris, selon la même source. Les négociations entre Renault et Nissan traînaient en longueur depuis des mois car elles portaient sur plusieurs volets tous reliés les uns aux autres, rendant l’opération particulièrement complexe.

Le groupe français, qui a dévoilé en novembre dernier sa future architecture en cinq pôles différents, prévoit de réduire sa part au capital de Nissan à 15% contre 43,7% actuellement, selon plusieurs sources interrogées par l’AFP ces derniers mois. Pour la première fois depuis leur mariage en 1999, les deux groupes se retrouveraient ainsi sur un pied d’égalité, chacun détenant 15% du capital de l’autre et avec autant de droits de vote.

Vives tensions

Ce rééquilibrage est perçu des deux côtés comme un moyen de normaliser et de rendre plus efficaces les relations entre les deux groupes qui ont connu de vives tensions par le passé, comme après la chute spectaculaire de l’emblématique patron de l’alliance Carlos Ghosn, arrêté fin 2018, au Japon, après des accusations de malversations financières et qui a fui un an plus tard au Liban. La gestion autoritaire de M. Ghosn et l’interventionnisme de l’État français dans les affaires de Renault il y a quelques années, avec notamment son ancien projet de fusion des deux groupes, avaient été très mal digérés dans l’archipel nippon. «Aboutir à des participations croisées à 15-15%, avec des conditions équitables, serait très important et bénéfique pour la confiance entre les deux groupes» et pourrait inciter Nissan à prendre davantage d’initiatives au sein de l’alliance, a récemment déclaré à l’AFP Takeshi Miyao, consultant dans le secteur automobile chez Carnorama Japan.

Les quelque 28% du capital de Nissan que Renault s’engagerait à vendre seront toutefois d’abord placés dans un trust créé à cet effet. Car leur valeur de marché actuelle est très inférieure à celle inscrite dans les comptes du constructeur français, qui attendra des jours meilleurs pour les céder, probablement au fil de l’eau.

(AFP)

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