Conseil à Malala – «Rentre au Pakistan et va à l'école coranique»

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Conseil à Malala«Rentre au Pakistan et va à l'école coranique»

Un commandant des talibans a écrit une lettre à la jeune militante pour l'éducation, lui demandant de revenir dans son pays pour suivre une scolarité conforme aux préceptes de l'islam.

«Je souhaiterais que (cette attaque) ne se soit jamais produite», admet Adnan Rashid, un haut responsable des talibans pakistanais du TTP, dans cette lettre rédigée à «titre personnel» en anglais et dont l'authenticité a été confirmée par ses proches. Le commandant taliban n'y épargne pas pour autant l'adolescente, atteinte d'une balle à la tête en octobre dernier par les hommes du TTP à Swat, dans le nord-ouest du Pakistan.

Malala Yousafzaï, aujourd'hui âgée de 16 ans, s'était fait connaître en dénonçant sur un blog de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan, le régime du TTP qui a contrôlé la vallée de Swat de 2007 à 2009, y empêchant même les jeunes filles de se rendre à l'école. «Les talibans ne t'ont jamais attaquée parce que tu allais à l'école et aimais l'éducation… Les talibans estiment que tu écrivais délibérément contre eux et tentais de déjouer leurs efforts pour établir un système islamique à Swat», ajoute Adnan Rashid, qui s'était échappé en avril 2012 d'une prison du nord-ouest du pays où il purgeait une sentence pour avoir fomenté un complot, déjoué par les autorités, visant à tuer Pervez Musharraf, à l'époque où il était au pouvoir.

Malala serait instrumentalisée

Si les talibans «n'ont rien contre l'éducation», ils abhorrent la «satanée» éducation «séculière», imposée par les «Anglais», qui sont «les esclaves des Juifs», souligne la lettre de près de trois pages trempée dans l'encre de la théorie du complot. L'envoyé spécial de l'ONU pour l'éducation, l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, a pourfendu la lettre d'Adnan Rashid à Malala. «Personne ne croira un mot des talibans à propos du droit à l'éducation des filles comme Malala à moins qu'ils cessent de brûler des écoles et de massacrer des étudiants», a-t-il fait valoir dans un communiqué.

La jeune Malala, qui a livré vendredi dernier un appel vibrant à l'ONU pour l'accès à l'éducation et la tolérance, suscite l'admiration à l'étranger et au Pakistan. Mais elle compte aussi son lot de détracteurs dans son pays d'origine où plusieurs l'accusent d'être instrumentalisée par les puissances occidentales, et d'avoir été propulsée sur la scène internationale en dépit d'accomplissements jugés minces.

«Je te pose la question suivante, et sois honnête dans ta réponse, si tu avais été la cible d'une attaque d'un drone américain, est-ce que le monde entier se serait soucié de ton état de santé? Aurais-tu été nommée la fille de la nation? Est-ce qu'il y aurait eu cet engouement médiatique», demande le commandant à Malala. Avant de conclure: «Je te conseille de rentrer à la maison, d'épouser la culture islamique et pachtoune, de joindre une école coranique pour femmes dans ta ville, d'étudier et de te pencher sur le livre d'Allah…»

(L'essentiel Online/AFP)

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