Hausse du diesel – «Risques de faillite» pour le transport routier
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Hausse du diesel«Risques de faillite» pour le transport routier

LUXEMBOURG - Les entreprises de transport routier déplorent les hausses successives du prix du diesel, en pleine pénurie de chauffeurs.

Les hausses successives du prix du gasoil impactent l'activité des transporteurs routiers.

Les hausses successives du prix du gasoil impactent l'activité des transporteurs routiers.

Depuis ce jeudi, le prix du diesel s'affiche à 1,44 euro/litre, alors qu'il valait encore moins d'un euro, fin octobre 2020 (0,935 euro/litre). En l'espace d'un peu plus d'un an, ce carburant a augmenté de quelque 54%, ce qui ne laisse pas insensibles les responsables des entreprises de transport routier du Grand-Duché. Même si elles bénéficient du prix hors taxes (soit 1,2308 euro/litre depuis ce jeudi), ces sociétés spécialisées déplorent la situation actuelle et font le dos rond en attendant des jours meilleurs.

«Les dépenses courantes augmentent, surtout à cause de l'énorme hausse du fuel. Certains clients comprennent la situation et payent une surcharge gasoil, d'autres ont plus de mal à l'accepter, témoigne Marie-Suzette Mayer, gérant administratif de Lies Transports S.A. Notre entreprise familiale emploie une quarantaine de personnes et compte une flotte de 28 camions. L'augmentation des prix du fuel impacte toutes les entreprises de transport. Il faut faire avec et espérer que le gouvernement nous proposera d'autres solutions».

«Le gouvernement ne nous propose aucune alternative»

Le son de cloche est un peu différent chez T.S. Lux, à Ehlerange (100 personnes et environ 60 camions). «Depuis septembre 2021, nous avons instauré la "surcharge gasoil" pour répercuter chez nos clients les hausses successives, explique Cédric Nadin, patron de l'entreprise. C'est une question de survie, nous n'avons pas le choix. À titre d'exemple, le coût d'un transport entre Anvers et Luxembourg a mécaniquement augmenté de près de 40 euros en un an». C'est finalement la pénurie actuelle de chauffeurs - «le métier et les conditions de travail n'attirent plus les jeunes» - qui permet à l'entreprise d'imposer en quelque sorte ses tarifs chez ses clients.

«Chaque hausse d'un centime d'euro nous coûte 120 000 euros en termes de résultat final, analyse Ben Frin, directeur financier chez Arthur Welter Transports, à Leudelange (plus de 700 salariés et 800 camions). Je regrette que le gouvernement ne nous propose aucune alternative. Est-ce normal d'être taxé de la même façon alors que nous utilisons du biodiesel (NDLR: HVO), dont le bilan CO2 global est moindre de 90%?». À moyen terme, Ben Frin en est convaincu, «c'est le consommateur final qui paiera la note».

(pp/L'essentiel)

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