Bande dessinée – Robert le Diable ressuscité pour reprendre la Sicile

Publié

Bande dessinéeRobert le Diable ressuscité pour reprendre la Sicile

Nouvelle saga historique, «Ira Dei» revisite un pan rarement abordé de l'histoire médiévale.

Brugeas et Toulhoat font de Tancrède un héros à la double personnalité.

Brugeas et Toulhoat font de Tancrède un héros à la double personnalité.

Sicile, 1040. Menée par le charismatique Tancrède, une petite bande de mercenaires vient prêter main-forte aux troupes de Byzance pour tenter de reconquérir l'île, alors aux mains des Musulmans. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le terrible chef varègue à la tête des troupes byzantines, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape, proposent les services de leur troupe de mercenaires.

«Les premières flottes vikings ont sillonné la Méditerranée au milieu du IXe siècle. Des drakkars au pied de l'Etna, c'est donc de l'histoire et non de la fantasy», explique le scénariste Vincent Brugeas, déjà associé au dessinateur Ronan Toulhoat pour la BD «Le Roy des Ribauds». À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche vite d’Harald pour un marché. Il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Mais Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a «traversé les Enfers» et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu...

«Notre Tancrède s'appelle en fait Robert Ier de Normandie. Il est l'arrière-petit-fils du premier duc, Rollon, et le père de Guillaume le Bâtard. Mais il est mort... depuis quatre ans». Assimilé à la figure légendaire de Robert le Diable, voici donc que ce personnage idéal trouve un autre destin. Il permet ainsi au duo Brugeas-Toulhoat de surprendre le lecteur avec un nouvel univers, tout en lui expliquant la grande histoire par le biais de la petite.

Dans une Sicile aux mains d'un émir arabe, dans un Moyen Âge aux frontières très perméables, Brugeas et Toulhoat font de Tancrède un héros à la double personnalité, libre de voyager dans les interstices de l'histoire officielle, accompagné d'Étienne, ce moine dont le rôle n'est pas clair. Ce dernier finira l'album tout nu dans une cage. Mais Tancrède ne s'en débarrassera pas. «Craint-il la colère de Dieu comme le suggère le titre "Ira Dei". Réponse en octobre dans le tome 2», dit le scénariste, tout en reconnaissant qu'il a des idées pour au moins trois diptyques de cette saga, avec à chaque fois un lieu différent à faire visiter.

• «Ira Dei T. 1 - L'Or des Caïds». Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat. Dargaud.

(Denis Berche/L'essentiel)

Ton opinion