Entendu par la justice – Salah Abdeslam «n'a pas souhaité s'exprimer»

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Entendu par la justiceSalah Abdeslam «n'a pas souhaité s'exprimer»

Le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre n'a fait aucune déclaration vendredi lors de son premier interrogatoire en France.

Le seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre est arrivé tôt ce vendredi matin au palais de justice, au cœur de Paris, pour un premier interrogatoire qui était très attendu pour la suite de l'enquête. Mais son audition s'est rapidement terminée, peu après 11h. «Il n'a pas souhaité s'exprimer aujourd'hui» et a indiqué «qu'il le ferait plus tard», a déclaré un de ses avocats, Frank Berton.

Le petit caïd radicalisé devenu le fugitif le plus recherché d'Europe jusqu'à son arrestation le 18 mars à Bruxelles, avait été extrait au petit matin de sa cellule de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, où il est incarcéré à l'isolement. Son convoi, escorté par le GIGN, l'unité d'élite de la gendarmerie, et suivi notamment par un hélicoptère, était arrivé au palais de justice peu avant 7h15 . Il devait être entendu toute la journée par les magistrats antiterroristes qui l'avaient mis en examen, notamment pour assassinats terroristes, le 27 avril, lors de sa remise par la Belgique à la France.

Il a déposé les trois kamikazes du Stade de France

Arrêté en Belgique à Molenbeek, son quartier, après plus de quatre mois de cavale, Salah Abdeslam est le seul protagoniste direct des attentats entre les mains de la justice française. Au cœur de la cellule, au soir des tueries et bien avant, il apparaît comme un acteur central de l'expédition meurtrière du 13 novembre qui a fait 130 morts et des centaines de blessés. Abdeslam est celui qui a déposé les trois kamikazes du Stade de France avant d'être exfiltré vers la Belgique.

Avant les attentats, c'est lui qui a loué des véhicules et des planques en région parisienne. Dans les mois qui précèdent, il a multiplié les voyages pour convoyer des membres du réseau à travers l'Europe, notamment Najim Laachraoui, possible artificier du 13 novembre, mort en kamikaze lors des attentats du 22 mars qui ont fait 32 morts à Bruxelles. Ami d'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques et tueur des terrasses, il a probablement partagé de nombreux secrets avec lui.

«Suiveur plutôt que meneur»

Avant l'audience, Franck Berton avait indiqué que Salah Abdeslam avait «envie de s'expliquer». Des informations cruciales sur la conception du projet jihadiste, ses commanditaires et d'éventuels complices encore dans la nature étaient donc attendues. Les enquêteurs espéraient qu'il aide à démêler les liens entre les attentats de Paris et de Bruxelles, fomentés par la même cellule du groupe État islamique (EI).

Mais jusqu'à quel point? Les déclarations de Sven Mary, l'avocat d'Abdeslam en Belgique, le décrivant comme un «petit con» à «l'intelligence d'un cendrier vide», «plutôt un suiveur qu'un meneur», laissent présager qu'il cherchera peut-être à minimiser son rôle, comme il semble l'avoir fait devant les enquêteurs belges, en assurant avoir fait «machine arrière» alors qu'il aurait dû mourir en kamikaze au Stade de France, à Paris. Abdeslam avait alors entretenu le flou en se présentant comme un pion aux ordres de son frère Brahim et d'Abaaoud, tous les deux morts.

(L'essentiel/AFP)

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