Polémique en France – Sarkozy traité de «voyou» en Une de Marianne

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Polémique en FranceSarkozy traité de «voyou» en Une de Marianne

L’hebdomadaire français ne mâche pas ses mots pour critiquer le président français dans son dernier numéro. Les réactions ne se sont pas faites attendre.

«Le voyou de la République». Le titre accompagnant la photo de Nicolas Sarkozy sur la couverture du dernier numéro du magazine «Marianne» est sans appel et suscite l’indignation de la droite française.

Cette Une est jugée «insultante», «grave» et «démagogique» par Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille, qui a fait part de son mécontentement hier sur les ondes de RMC. «Je ne suis pas étonnée, Nicolas Sarkozy est un élément de la stratégie marketing de Marianne. Pour vendre, il faut des couvertures agressives, démagogiques», a-t-elle affirmé.

«Les couvertures de ‘Marianne’ en 2007, qui titrait par exemple "Nicolas Sarkozy est-il fou?", juste avant les élections, ne l'ont pas empêché de gagner parce que les Français ont leur libre arbitre», a précisé cette la Touloise, une fidèle sarkozyste.

«Morano ne manque pas d'air»

Jean-François Kahn, le co-fondateur de l’hebdomadaire, était engagé aux côtés de François Bayrou en 2007 et ne partage pas les opinions de Nicolas Sarkozy. «C'est son choix», a expliqué Nadine Morano. «Mais une telle couverture, je trouve que c'est grave. Où est le respect envers le chef de l'État qui a été élu au suffrage universel et mène une politique pour laquelle il a été choisi et sa politique validée?»

«Mme Nadine Morano ne manque pas d'air», a répondu Jean-François Kahn, auteur de l’article en question, dans un communiqué. «Hier, elle qualifiait les journalistes d'investigation de ‘fascistes’, puis, à la façon des staliniens, de ‘fascisto-trostkistes’, puis les comparait aux journalistes pro-nazis des années 30. Hier encore, elle accusait les responsables de la gauche d'être complices des assassins. Au désespoir de ses propres amis politiques, aucune outrance ne l'arrête.»

«Sarkozy est capable de tout comme les caïds des banlieues»

Pour le journaliste français, «voyou» est un terme «sympa» et «vachement tendre». Il a expliqué, également sur la radio RMC, pourquoi il a eu recours à ce qualificatif au sujet du président français. «C’est un type qui parle comme un voyou, qui dit ‘casse toi pauv’ con’. Moi, il m’a traité ‘d’enculé’, il y a trois ans, devant sept ou huit personnes. Ça ne me dérange pas, il parle toujours comme ça! Il parle toujours de faire la guerre, comme si c’était une bande contre une autre. Et puis cette façon de dire, que pour gagner, tous les moyens sont bons. Pour conserver le pouvoir, il est capable de tout, exactement comme les caïds des cités de banlieues.»

Indignations à droite et à gauche

Traiter le président de la République de voyou, «c'est quand même épouvantable», s'est indigné Alain Marleix, secrétaire d'État aux Collectivités locales.
Le député UMP Lionnel Luca a lui aussi vivement réagi au nom du respect dû à la fonction : «Rien ne justifie l'outrage au président de la République élu démocratiquement.», écrit-il.

Sarkozy fait du «Le Pen Light»

A gauche, Pierre Moscovoci (PS) a prôné lui aussi le respect de la fonction estimant par conséquent le terme voyou «pas approprié». Mais, selon lui, «il y a eu, cet été, une offensive sécuritaire extrêmement ambiguë et limite» faisant «écho à des thématiques qu'on n'a pas connues depuis la Seconde guerre mondiale».

«Je ne dirais pas que c'est un voyou, mais il fait du Le Pen Light», a-t-il dit sur RMC. Et «la fin de son quinquennat va être sans arrêt marquée par ce type de provocation», a-t-il prévu.

lessentiel.lu avec afp

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