Se faire masser au travail
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Se faire masser au travail

METZ - «Les gens ne croient plus aux médicaments et aux traitements lourds qui soignent la douleur mais pas le mal». Partie de ce constat, Tiphaine Ohl, 28 ans, a lancé il y a un mois son entreprise Tactile reflex.

Basée à Metz, elle se rend dans les entreprises et chez les particuliers dans un rayon de 100 km pour proposer des massages assis ou ses techniques de réflexologie. «Il ne s'agit pas de se substituer à un médecin mais d'apporter un complément, une écoute supplémentaire des paroles et du corps», précise-t-elle.

Notamment formée en Thaïlande, elle a développé son réseau clients grâce au bouche à oreille. Ses prestations dans des sociétés d'hôtellerie ou des entreprises de spectacle, dont les personnels sont soumis à d'importants efforts, portent déjà leurs fruits. «Les gens me disent que cela se ressent sur l'ambiance au travail.

Les employés sont plus détendus».
Tiphaine Ohl intervient des deux côtés de la frontière, elle a remarqué que pour l'instant les gens sont plus réfractaires en Lorraine. Ce qui pourrait changer avec l'explosion des techniques paramédicales comme la sophrologie.

nm

Infos sur www.tactilereflex.fr.

«Un métier d’écoute des paroles et du corps»

Utiliser son don au profit des autres. C’est cette philosophie qui a poussé Tiphaine Ohl à monter son entreprise de massage à domicile et dans les entreprises le mois dernier.

À 28 ans, Tiphaine Ohl a décidé de faire le grand saut. Elle a lancé, le 11 février dernier, son entreprise Tactile reflex. «J’ai travaillé pendant quatre ans comme employée administrative dans une salle de spectacle puis comme hôtesse de caisse à la Fnac. Mais ces emplois ne me correspondaient pas». Depuis déjà longtemps, son truc, c’est les massages. «J’ai d’abord pratiqué sur mes proches. Je pense avoir quelque chose dans les mains qui me permet d’aider les autres. Cela aurait été trop bête de laisser passer ça», explique-t-elle. Elle se lance alors dans des formations qui la conduisent jusqu’en Thaïlande pendant trois semaines. Là-bas elle obtient le certificat d’une école reconnue en massage thaï. Elle acquiert également un savoir-faire en réflexologie. Soutenue par une aide à la création d’entreprise, cette mère de deux enfants décide de monter sa structure. Elle choisit de dispenser ses services à domicile et dans les entreprises, surfant sur la tendance du paramédical. «Les gens ne croient plus aux médicaments et aux traitements lourds qui soignent la douleur mais pas le mal», précise-t-elle. Mais il ne s’agit en aucun cas de se substituer à un médecin mais plutôt d’apporter un complément aux pratiques traditionnelles. Les médecins n’ont en effet souvent que peu de temps à accorder à leurs patients. Elle propose donc des massages assis d’un quart d’heure et des séances de massage thaï et de réflexologie d’une heure à une heure trente. Une durée nécessaire pour permettre au client de s’extérioriser. «C’est un métier d’écoute des paroles et du corps. Certaines personnes ne se rendent pas compte qu’elles sont stressées ou coincées. Lors des massages, elles sont plus écoutées et se sentent plus dorlotées que chez un médecin», assure Tiphaine Ohl. Au cours de ses séances de massage assis, la jeune femme commence par détendre le dos et les trapèzes. Elle attaque ensuite du bras gauche puis du droit avant de revenir sur les trapèzes. Son travail se termine par le bas du dos et la tête. Par des gestes de digito-poncture, d’étirement et d’effleurement, elle stimule le drainage lymphatique et la circulation sanguine. Ses exercices de détente ont déjà été plébiscités par plusieurs entreprises, mais elle est à la recherche de comités d’entreprise dynamiques qui lui permettraient d’étendre son activité. «Cela se ressent dans le cercle professionnel. Les gens sont plus détendus». Pour l’heure, le massage en entreprise se développe un peu au Luxembourg mais peine à émerger en France. «Les gens sont plus réfractaires en Lorraine. Mais l’explosion des techniques paramédicales comme la sophrologie démontre que la France devrait s’ouvrir dans les cinq années à venir», expose-t-elle. Jeune chef d’entreprise, elle a reçu de nombreux soutiens pour réaliser son projet aussi bien sur le plan financier que pratique. Déjà très implantée au Luxembourg, l’entreprise Relax Max l’a notamment accompagnée. «De nombreux dispositifs existent pour aider les jeunes mais ils ne sont pas forcément au courant». Tiphaine Ohl parle en connaissance de cause. Elle a par exemple reçu 8 000 euros de Jeunesse et Sport en remportant un défi jeune.

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