Chercheur au Luxembourg: Ses recherches pourront aider face aux prix de l'énergie

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Chercheur au Luxembourg Ses recherches pourront aider face aux prix de l'énergie

LUXEMBOURG - Jules Linden, 28 ans, est chercheur au LISER. Il y gère un sujet d'une actualité brûlante: l'énergie et les inégalités qu'elle peut créer.

par
Jérôme Wiss
Jules Linden est chercheur au LISER et se penche sur l’énergie.

Jules Linden est chercheur au LISER et se penche sur l’énergie.

LISER

Il a commencé avec des stages il y a trois ans, puis un premier contrat pour déterminer l'impact sur les ménages du Covid et des mesures politiques contre la pandémie. Et voilà Jules Linden, jeune chercheur de 28 ans, catapulté en pleine crise de l'énergie. Après des études, notamment à Maastricht, il décroche une bourse du Fonds national de la recherche (FNR). «Au départ, le projet était de développer un modèle pour évaluer l'impact de la politique environnementale. Par exemple l'impact de la taxe carbone sur les revenus, la consommation et les émissions de gaz à effet de serre», explique le scientifique originaire de Bertrange.

Avec la crise énergétique, «on a repris ce modèle pour étudier des questions liées à la hausse des coûts, pour analyser l'inflation», poursuit-il. Une adaptation expresse pour coller à l'actualité et à la vie quotidienne des résidents. «Il s'agit de voir quels ménages sont impactés, de comparer au sein du pays et avec d'autres pays», poursuit Jules Linden.

Des idées pour la tripartite?

Sans surprise, la forte hausse des coûts de l'énergie «impacte beaucoup les ménages à faibles revenus, qui ont moins de capacités à réagir» quand arrive la facture trop salée. Mais «si j'habite dans l'Eisleck et que je dois prendre ma voiture 45 minutes tous les jours, je vais aussi être impacté». Et de nuancer: «L'impact entre riches et pauvres est moins fort ici que dans les autres pays analysés», comme le Portugal ou la Hongrie. «En général, la plupart des gens au Luxembourg sont aisés». Ce qui rend d'autant plus difficile la situation de ceux qui n'ont pas cette chance.

Pour approfondir des recherches, Jules Linden dispose au LISER d'une «infrastructure de travail vraiment top» et d'une «très bonne offre de formation continue, avec un centre de compétences qui se développe. Je vois ici des changements importants vers le positif et on a de plus en plus de chercheurs de très haut niveau». Et le jeune Luxembourgeois met ces ressources à profit, pour le moment, pour «faire des projections des effets potentiels de différentes propositions d'aides possibles» aux ménages, qui ont émergé dans le débat ici ou chez les voisins.

Par exemple, le versement d'une aide ciblée pour permettre à certains ménages de payer les factures pourrait marcher mais «soulève un certain nombre de questions». Le chercheur, dont les recherches pourront être utilisées par les ministères, devrait arriver à ses premières conclusions d'ici la prochaine tripartite…

Un budget surtout «consacré à la force de recherche»

En 2021, le LISER a pu compter sur un budget de quelque 24,6 millions d'euros, dont 57% provenaient de la dotation de l'État, selon le rapport annuel présenté mardi. Une part de plus en plus importante provient de fonds externes (43%). «La majeure partie de ce budget est consacrée à notre force de recherche», indique Véronique Hoffeld, présidente du conseil d'administration du LISER.

Avec la directrice générale, Aline Muller, elle a voulu mettre l'accent sur l'humain et, avant tout, les chercheurs, qui bénéficient de programmes de formation continue de plus en plus développés, pour permettre au LISER de rester compétitif. L'an dernier, 75% du budget a été consacré aux frais de personnel. Le LISER emploie environ 168 temps pleins, pour 68% des scientifiques.

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